Beam Browser | Quand un jeune homme qui n’a pas froid aux yeux recrée avec brio le navigateur web Arc sur l’iPad

VVMac est dédié au Mac, à macOS et aux applications conçues pour lui. Mais je suis aussi un modeste utilisateur d’autres produits Apple : iPad mini 5, iPhone 13 mini et Watch 6. Quand je découvre un produit qui me « tape » dans l’œil, il faut que j’en parle, même si c’est sur l’un de ces autres matériels qu’il est proposé. Et puis, je sais que nombre d’entre vous possèdent aussi ces produits, et souvent bien plus à la pointe que les miens. Alors voilà, l’application dont je vais vous parler, Beam, tourne sur iPad, mais je ne saurais la passer sous silence…

Outre ses nombreux emprunts à Arc, intelligemment revisités, Beam intègre optionnellement l’IA locale (Apple Intelligence), ce que, à ma connaissance, aucun autre navigateur sur la tablette ne fait. Je n’ai cependant pas pu les mettre à l’épreuve, car je ne possède qu’un ancien et modeste iPad mini 5 (mais qui accepte tout de même iPadOS 26, nécessaire pour utiliser Beam, même sans les fonctionnalités d’IA). En revanche, la toute dernière version du navigateur permet également de se connecter, à l’aide de clés API, à OpenAI, Gemini ou Claude d’Anthropic, ce que j’ai bien sûr fait.

Importer les signets depuis Safari pour démarrer

Mon premier contact avec Beam, au tout début de l’année, ne s’était pourtant pas très bien déroulé. En fait, je ne pouvais rien en faire, ou presque, puisqu’il ne proposait encore aucune fonction d’importation de favoris ou d’autres données provenant d’autres navigateurs. J’ai joué cinq minutes, puis je l’ai remisé. Les mises à jour se succédant, j’ai récemment remarqué que l’import était possible ; j’ai donc décidé de jouer le jeu et de m’en servir systématiquement quand il m’arrive d’utiliser l’iPad sur Internet.
Cependant, le seul import possible est celui du fichier HTML créé sur l’iPad par Safari (mais je pense que cela fonctionne aussi avec un fichier HTML exporté d’un autre navigateur pour iPad). Hélas, cela exclut la reprise directe de l’organisation et du contenu de la barre latérale d’Arc… Ce que, pourtant, d’autres outils sur Mac commencent à faire plutôt bien. Je pense à SupaSidebar ou à Arcmark. Pour l’instant, j’utilise Beam un peu comme Chrome, sauf que l’ensemble de mes favoris et onglets ouverts sont disposés à la verticale – ce qui est déjà bien mieux qu’à l’horizontale. Mais j’ai bon espoir : j’ai contacté Henrik, qui m’a confirmé qu’il travaille à la prise en charge, pour très bientôt, du fichier JSON clé d’ARC qui décrit toute l’organisation courante de la barre latérale et son contenu.

Mon petit iPad mini 5 n’est certainement pas la meilleure tablette pour que Beam expose pleinement son interface fluide, subtile, tout en Liquid Glass, mais c’est agréable. Il est réactif, bien outillé. Et je retrouve enfin sur iPad l’expérience unique qu’offre Arc sur Mac, presque encore inégalée par aucun autre navigateur. Avoir un clavier est un plus pour utiliser Beam au mieux.

Sur un petit iPad mini, la taille de l’écran ne rend pas justice à Beam. Les éléments d’interface s’avèrent petits ; avec un stylet, c’est bon, mais du bout d’un doigt, il n’est pas aisé d’attraper les icônes des espaces ou les menus Settings, Downloads et History.
Sur un écran plus grand, Beam sera vraiment à l’aise et offrira une navigation luxueuse et confortable.

Pour cette première version, Beam offre une belle panoplie d’outils et un environnement raffiné

Comme l’interface générale ressemble à celle d’Arc, il est clair que le mode d’utilisation idéal sera à l’horizontale, avec la barre latérale verticale sur la gauche. En mode vertical, on peut évidemment la masquer pour laisser toute la place à la navigation, mais c’est moins pratique. Basculer en mode vertical et masquer la barre latérale, c’est intéressant quand on tombe sur un long article à lire. Si l’on dispose en plus d’un clavier, c’est encore mieux, puisqu’on peut naviguer aisément avec des raccourcis entre les espaces, les onglets, les groupes…

Les utilisateurs familiers d’Arc sur Mac ne seront pas dépaysés !

La barre latérale de Beam reprend à son compte de nombreuses caractéristiques d’Arc, en mêlant les favoris et les onglets, avec des groupes et sous-groupes dynamiques et persistants, avec des URL épinglées en haut, et des espaces, dans leur couleur spécifique tout comme dans Arc. Beam reprend le même genre de colorisation, peu marquée, qui séduit l’œil. Si vous venez d’Arc sur Mac, vous êtes tout de suite dans le bain avec Beam sur iPad, même si tout ne fonctionne pas exactement de la même façon.
Comme avec Arc, les onglets sont mémorisés dans les groupes, même si vous les fermez. Par ailleurs, Beam propose son propre système d’autonettoyage quotidien, hebdomadaire ou mensuel. La barre de commande est un autre emprunt à Arc (c’est cependant devenu un prérequis dans de très nombreux types d’applications actuelles) qui permet d’utiliser tous les onglets actifs et de rechercher dans l’historique, en complément de la recherche conventionnelle. L’application intègre également un bloqueur de publicités. Même sur mon vieil iPad mini, Beam est agréable à utiliser, réactif, tant dans son interface que dans le rendu des pages.

Beam n’offre pour l’instant que l’import d’un fichier HTML des signets, depuis Safari (ou un autre navigateur pour iPad).
La prise en charge d’Arc Mac est prévue.
Le navigateur offre de nombreuses fonctionnalités, dont un bloqueur de publicités à trois niveaux de contraintes.

On retrouve dans les écrans des réglages un nombre de fonctionnalités et d’options qui sont largement inspirées par le navigateur Arc pour Mac. L’ambiance colorée de Beam dépend de l’espace dans lequel on se trouve à un moment donné.

Pour l’IA, Beam est déjà bien outillé

Côté IA, Beam exploite ce qu’iPadOS offre, et dont très peu d’applications tirent encore vraiment parti. Même l’usage qu’en fait Safari reste pour l’instant encore très anecdotique. C’est en monopolisant les ressources des Foundation Models d’Apple que Henrik Singh a conçu un ensemble de fonctionnalités – optionnelles. Beam Intelligence… rien que ça !
En plus de lancer un résumé de la page ouverte au premier plan, l’utilisateur peut demander à l’IA d’extraire les points clés, de donner une explication simplifiée, de créer un plan de l’article, d’exposer son argument principal… Beam propose aussi un chatbot intégré pour que vous puissiez converser avec la page ouverte. Malgré la présence d’une icône d’édition en haut à gauche de l’interface IA, il ne semble pas possible de créer ses propres prompts et de les stocker dans Beam.
Je n’ai pas pu tester Apple Intelligence sur mon iPad mini 5. Mais, bon, même sur mon MacBook Air M2, je ne tiens pas en haute estime les réponses fournies par les modèles d’Apple. Cependant, vu les fonctionnalités proposées, Beam ne se contente sans doute pas d’un accès local, mais tire parti du Private Cloud Compute d’Apple (les centres IA distants qu’Apple a commencé à mettre en œuvre il y a déjà quelques mois) pour obtenir des réponses plus intéressantes.

Beam Browser intègre des fonctionnalités d’IA et un chatbot. Il tire parti d’Apple Intelligence ou de clés API. C’est parfaitement optionnel, mais si pratique ! Je ne me vois plus naviguer avec efficacité sans le renfort de l’IA.

En revanche, Beam sait désormais tirer parti des clés API de Claude, de Gemini et de GPT ; il suffit de référencer ces clés dans les Settings > Beam Intelligence. On accède aux mêmes commandes prédéfinies et au chatbot qu’avec l’IA d’Apple. Il y a deux façons de faire surgir cette interface IA. Soit on a un clavier et on applique le raccourci [cmd] [j], soit on n’en a pas, alors on ouvre les réglages personnalisés du site affiché et on touche l’icône de Beam Intelligence. À défaut d’avoir un clavier, on peut aussi saisir ses requêtes de vive voix.
Beam facilite la synchronisation de divers paramètres et éléments grâce à iCloud (sur un même identifiant Apple). Bizarre : à moins d’avoir deux iPad sur le même compte Apple, je ne voyais pas très bien l’intérêt. Henrik m’a confirmé qu’il entendait ne pas s’arrêter à l’iPad et avoir des versions de Beam sur iPhone et sur Mac. Sur ce dernier, c’est OK et nombre d’utilisateurs d’Arc s’en réjouiront. Sur iPhone, même sur les plus grands, j’ai du mal à imaginer une interface à la Arc, qui n’ a jamais été proposé que sur Mac ; Henrik devra vraiment faire preuve de créativité.

Si vous avez un iPad avec un bel écran, de la puissance de calcul et un accès à Apple Intelligence ou à une clé API d’un des trois fournisseurs pris en charge… et que Safari ou Chrome vous ennuient, Beam est un très bon choix pour tirer parti d’Internet à des fins professionnelles ou pour vos études… dans les situations où l’on ne peut pas utiliser un Mac. Beam n’est pas gratuit, mais pour moins de sept euros une licence à vie, il ne faut pas s’en priver ! ✿

Beam Browser pour iPad 1.2

Interface en anglais
7 € sur l’App Store. N’existe pour l’instant que sur iPad.
Taille sur iPad 23 Mo. Versions iPhone et macOS en projet.
iPadOS 26+. Apple Intelligence accessible sur les modèles compatibles. Accès aux fonctionnalités d’IA par clé API.
Site officiel Beam Browser


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