Droppy | Un assistant multicompétent, extensible et sans trop d’IA
J’ai longtemps placé DynamicLake Pro, en haut, au centre de mon écran, puis j’ai déménagé il y a trois mois pour l’« île dynamique » Atoll, gratuite et open source. Mais il y a deux semaines, je suis tombé, au hasard d’une énième cabale, comme Reddit les aime bien, sur Droppy et je n’ai pas résisté à l’envie de l’installer !
Bien m’en a pris…

À force de me lire, vous savez à quel point certains emplacements de mon environnement Mac et certaines fonctionnalités sont importants pour moi. La partie droite de la barre des menus – et donc du gestionnaire qui s’en occupe, actuellement Barbee. Le Dock, bien sûr. L’indéboulonnable cartouche multifonctions PopClip. L’incontournable Coup d’œil du Finder. Le magicien Raycast et quelques dizaines de ses extensions… Mais depuis quelques années, alors que je n’avais pas encore un MacBook à encoche, j’ai fait du point central en haut de mon écran – celui du portable ou un second moniteur plus spacieux – un « lieu remarquable ». Forcément, je passe une partie de mon temps à chercher et à tester des applications et des utilitaires qui viennent occuper cette position dominante. J’en ai testé de nombreux !
Droppy est bien une île dynamique, mais il a d’autres cordes à son arc ! De nombreux utilitaires pour Mac tentent de résoudre des problèmes isolément et je les aligne sans modération dans mes deux barres de menus. Droppy, qui intègre un grand nombre de fonctionnalités, presque sans limites grâce à son architecture ouverte, m’a conduit à faire un nettoyage salutaire.
De multiples outils pour le prix d’un !
Droppy se manifeste, une fois qu’on l’a installé, de deux manières assez différentes. D’abord, il se comporte comme une île dynamique, investissant le centre, en haut de l’écran. Il peut alors prendre la forme d’une pseudo-encoche escamotable ou bien celle d’une capsule. La seconde interface de Droppy est un panneau mobile qui se révèle de différentes manières, avec lequel on peut aisément gérer des actions rapides sur les fichiers.
Passée la phase introductive, qui permet de régler certaines préférences, il convient d’aller faire le tour des réglages, qui sont… pléthoriques ! Hélas, Droppy n’est pas localisé, ce qui peut poser des problèmes tant les options sont nombreuses. Heureusement, beaucoup sont illustrées de petits dessins et commentées de quelques mots (en anglais). Ce n’est pas non plus insurmontable. On aurait tort de s’en arrêter là.
Le parcours de Droppy a été marqué par une évolution récente et quelque peu agitée de son modèle économique. Jusqu’il y a quelques semaines, Droppy était open source et gratuit. Son développeur historique, Jordy Pruijt, a fermé dépuis l’accès au code et commercialise désormais Droppy via une licence unique à vie de 7 $, couvrant toutes les mises à jour futures et tous les droplets actuels et futurs.
Droppy est donc une solution intermédiaire face à DynamicLake Pro (16 $) et Atoll (gratuit). Avant de prendre la licence, on peut utiliser Droppy durant trois jours, gratuitement, avec tous ses outils. C’est tout de même un peu court, compte tenu du temps nécessaire à sa prise en main et à la découverte des droplets ; une période d’évaluation étendue à sept jours serait préférable.
C’est dans les multiples onglets des réglages que l’on découvre la richesse des fonctionnalités et l’extrême personnalisation de Droppy, tant de son île dynamique que de son panier flottant, mais aussi des contrôles multimédia ou encore du presse-papiers.
The Shelf, centre de commande et de productivité
L’île dynamique transforme l’encoche du Mac en un espace interactif et polyvalent. Appelée The Shelf (étagère), elle est d’abord un espace de stockage temporaire et intelligent des fichiers (mais sans IA). J’y glisse n’importe quels éléments, fichiers, images ou liens, qui restent alors en attente jusqu’à ce que je les recase ailleurs ou m’en serve.
Si je retrouve ce type d’étagère dans d’autres outils, Droppy va plus loin que le simple dépôt ponctuel. The Shelf propose des actions rapides, comme la conversion de fichiers (avec plus de seize formats pris en charge) ou la compression par lot. Il regroupe aussi les contrôles système et multimédias, remplaçant les contrôles natifs de macOS par des affichages tête haute (HUD) élégants et discrets. Volume, luminosité, état de la batterie, mode de concentration ou statut de connexion des AirPods peuvent être activés ou non. Le mini-lecteur multimédia intégré affiche la pochette de l’album en cours de lecture et gère aussi bien Spotify qu’Apple Music.





The Shelf expose aussi, via les droplets que l’utilisateur installe, des outils de productivité : gestionnaire de tâches et calendrier, minuteur Pomodoro, fonction de dictée pour enregistrer des notes vocales et les transformer immédiatement en texte, OCR (Reconnaissance de texte) des images déposées sur l’étagère, dont Droppy extrait le contenu texte instantanément, fonction Quickshare qui génère des liens pour envoyer des lots de fichiers en une seule opération… Il y en a bien d’autres que je vous laisse le loisir de découvrir par vous-même !
Pour plusieurs de ces fonctions, Droppy tire à bon escient parti des ressources « cachées » de macOS ou de ressources externes (IA).
Dernier point : il est possible de créer deux îles dynamiques, démultipliant les possibilités fonctionnelles immédiatement à portée de clic. C’est bien fait : des repères en dessous permettent de savoir sans ambiguïté quelle île est affichée et de basculer vers l’autre, et même vers le gestionnaire de presse-papiers ou d’autres droplets accessibles.
Sur mon écran 32” externe branché au MacBook Air, ou sur les iMac sans encoche physique, Droppy fonctionne tout aussi bien, même s’il n’y a évidemment pas d’encoche réelle.
Je regrette toutefois de ne pouvoir, comme c’est posisble dans Atoll, forcer l’activation de Droppy que sur un seul de mes écrans – du moins, n’ai-je pas su mettre la main sur cette option. Je souhaiterais avoir la liberté de dédier, sur un de mes écrans, cet emplacement à un autre outil, notamment à un assistant IA.
Un panier « magique » d’actions rapides
En complément de cette étagère, ancrée au niveau de l’encoche ou au centre, en haut de l’écran, Droppy propose une seconde interface utilisateur majeure, le Panier flottant (Floating Basket). Il s’agit d’une palette fonctionnelle contextuelle. Contrairement à l’île dynamique, vers laquelle il faut glisser des éléments pour interagir, le panier surgit à l’endroit du pointeur dès que l’on secoue un fichier.

Cela n’a rien d’exclusif, l’idée a été déjà été mise en œuvre par plusieurs autres utilitaires, mais l’ajouter renforce l’intérêt de Droppy. On peut aussi l’ouvrir directement, sans se fatiguer à mouvoir la souris ou à agiter le doigt sur le trackpad. Cette zone de collecte mobile est, elle aussi, un stockage virtuel ponctuel, destiné à recueillir des éléments provenant de sources multiples (fichiers, images, liens) avant de décider de leur destination finale, afin d’éviter d’avoir à faire des choix de rangement immédiats. Pour affiner le flux de travail, je peux classer ces fichiers dans des paniers distincts, identifiés par un code couleur, et faire glisser tout le contenu d’un panier vers un dossier ou vers une application. Là encore, de nombreux réglages sont proposés pour peaufiner le comportement du ou des paniers.
En plus des deux interfaces principales, l’île dynamique et le panier, il ne faut pas oublier le simple menu d’état de Droppy (dans la barre des menus) qui propose quelques accès directs : partage rapide (QuickShare), événements et tâches à venir (Upcoming), gestion des fenêtres et captures d’écran. En fait, la composition de ce menu est également variable et dépend des activations faites dans les réglages des divers modules et droplets.
Vous allez me dire sans doute que Droppy est copieusement outillé, et que vous n’avez pas besoin d’autant de fonctionnalités… Vous n’êtes pas tenu de toutes les activer ! Si, au contraire, vous trouvez que la trousse de Droppy est sérieuse, mais pourrait être meilleure ou encore plus riche, lisez la suite…
Une belle galerie de « mini-applications »
L’application Droppy est bâtie sur un système d’extensions appelées « droplets », grâce auxquelles je peux étendre ses capacités dans des domaines variés.
J’accède à la galerie des droplets et à leur installation depuis les réglages. Une page dédiée est également disponible sur le site de l’éditeur.
Ces extensions, toutes gratuites, sont des « mini-applications » qui remplaceront sur votre machine de nombeux utilitaires dédiés. Par exemple, on peut intégrer d’un clic (après quelques réglages supplémentaires) une fonction de détourage d’images, la dictée et la transcription d’un fichier audio, la gestion des fenêtres (qui s’inspire étroitement de Rectangle), une intégration aux workflows d’Alfred (mais je n’ai rien trouvé pour Raycast que j’utilise), le redimensionnement des vidéos aux formats des réseaux sociaux, ou encore la gestion des icônes dans la barre des menus (dans le genre d’Ice).

Même si le nouveau Spotlight de macOS 26 Tahoe inclut un historique du presse-papiers système, la fonctionnalité similaire que propose Droppy n’est pas à négliger. Elle gère le texte, mais aussi les images et les liens. Grâce à l’OCR, ce droplet extrait instantanément le texte d’une capture d’écran ou d’une photo.
Pour ceux qui partagent fréquemment des ressources, l’application génère des liens QuickShare pour envoyer des éléments du presse-papiers ou des lots de fichiers en un clic. La confidentialité est prise en charge : je peux exclure certaines applications du suivi ou désactiver l’enregistrement des mots de passe (le Trousseau iCloud et le Trousseau d’accès local sont écartés par défaut).
L’architecture des Droplets est modulaire. Droppy reste ainsi léger et performant. L’activation des fonctions se fait à la demande. J’ai le contrôle total et peux activer ou désactiver chaque extension individuellement selon mes besoins. Globalement, même avec de nombreuses fonctions activées, je trouve Droppy très réactif et je peux nettoyer par ailleurs la barre des menus d’outils désormais superflus.
Droppy dispose dans sa trousse à outils de quelques fonctions qui s’appuient sur un peu d’IA (extraction, ORC, dictée et transcription…) mais il ne propose aucune fonctionnalité basée sur l’IA générative, même pas via des droplets. Je n’ai rien trouvé pour l’interfacer avec des modèles d’IA (LLM), ni en local ni à distance. Mais c’est finalement bien ainsi. Qui trop embrasse, peu étreint, selon le dicton, et Droppy en fait déjà vraiment beaucoup. Il se pose donc en complément d’autres outils que j’utilise, comme Fluent, RewriteBar, EnConvo ou Kerlig… mais, comme il se place au niveau du notch, il ne cohabite pas vraiment bien avec Alter, qui s’installe également à cet emplacement privilégié.
Le seul module qui me manque aujourd’hui serait celui de prise de notes rapides, comme des petits bouts de papier griffonnés, jetés au vol dans un casier ; le notch est à mon avis l’emplacement idéal pour un tel casier. Alors, certes, le site de Droppy propose bien une documentation pour la création d’extensions personnalisées compatibles avec l’architecture de Droppy… mais je n’en ai absolument pas les compétences. J’espère que cela sera sur la feuille de route des futures versions !

Enfin, tout comme DynamicLake Pro et Atoll, Droppy propose de s’occuper de l’écran verrouillé de votre Mac en affichant le lecteur de musique, mais aussi d’autres informations, tout cela étant à définir dans les réglages de l’application, via un panneau entièrement dédié.
Droppy, gagnant [temporaire ?] de la bataille de l’encoche
En s’inspirant de la Dynamic Island de l’iPhone, Droppy, DynamicLake Pro et Atoll cherchent à unifier la gestion des fichiers, du presse-papiers, des contrôles système…
DynamicLake Pro est l’alternative la plus sérieuse, tant par le nombre de modules que par la variété des réglages. Il propose une approche légèrement différente, orientée plus « loisirs » que productivité ; il est deux fois plus cher que Droppy.
Au-delà d’une querelle juridique qui a déstabilisé Droppy durant quelques jours, Atoll reste une proposition sérieuse, bien réalisée et esthétiquement agréable. Cependant, Atoll est à cette heure nettement plus limité, même s’il s’engage lui aussi sur la voie des extensions ; la communauté qui l’entoure est plus petite et moins active que celle qui supporte Droppy.
Droppy est vraiment une solution très complète, mais surtout à géométrie variable et extensible. Je n’ai pas rencontré de problème majeur, hormis quelques soucis d’affichage, liés à ma configuration : je travaille en mode clair, avec un fond d’écran particulièrement sombre, voire noir dans sa partie supérieure, et une barre de menus transparente… un cocktail que beaucoup de développeurs ne prennent pas en compte, si bien que des éléments d’interface de leurs applications s’avèrent peu lisibles, voire disparaissent totalement. Le développeur de Droppy travaille à mieux ce cas de figure. Comme ce n’était pas réglé avant la publication de cet article, j’ai dû changer de fond d’écran pour réaliser les captures.
Globalement, Droppy est une bonne solution. Je pense que je vais faire un bon bout de chemin avec lui, surtout une fois que les petits problèmes rencontrés seront réparés.
On peut l’installer a minima pour tirer simplement parti de son île dynamique et de son panier flottant, déjà très outillés ! Au fur et à mesure de mes besoins, je composerai, à l’aide des droplets, un ensemble fonctionnel riche, efficace et cohérent, qui me permettra sans doute d’alléger la barre des menus d’utilitaires devenus inutiles. ✿

Droppy 13.4
Interface en anglais
7 € sur site du développeur.
Minimum macOS 15+. Mac Intel et Apple Silicon
Site officiel de Droppy. Informations et téléchargement






