Flash! du samedi 24 janvier 2026
Apple va jouer la carte chatbot pour la future version de Siri, désormais prévue pour 2027
À l’Apple Park, une mutation, comme on en a rarement vu, est en train de s’opérer. Pour ne plus rester à la traîne dans ce nouveau monde de l’IA, plusieurs dogmes sont remis en cause. On en apprend chaque jour qui passe un peu plus, et cela devrait accélérer avec les premières versions bêta des plateformes 26.4, en mars, puis avec la WWDC de juin.
L’IA est plus que jamais au cœur de tous les travaux d’Apple, tant en interne que pour les futurs produits offerts aux clients.
Des applications IA maison
D’abord, on en sait plus sur la place de plus en plus importante de l’IA prend en interne. Pour Apple, l’IA est désormais un outil de production. L’entreprise déploie actuellement des applications maison dont ses employés sont les « bêta-testeurs ». Le projet le plus significatif se nomme Enchanté!, un chabot à la ChatGPT, qui assiste différentes équipes dans la génération d’idées, dans la relecture de documents et dans le codage logiciel.
Les modèles exploités tournent localement ou sur les serveurs privés d’Apple, ce qui donne aux utilisateurs la possibilité d’injecter des documents sensibles sans risque de fuite externe. Par ailleurs, un autre produit, Entreprise Assistant, centralise la connaissance interne, pour répondre efficacement aux questions sur les politiques de l’entreprise ou sur les configurations techniques.
Siri sera donc un chatbot
Ces produits n’ont évidemment aucune vocation à sortir de chez Apple, mais ils ont sans doute aussi servi à tester l’intérêt de l’approche chatbot, qui avait été jusqu’ici, à plusieurs reprises, repoussée officiellement par des dirigeants : Apple n’avait absolument pas vocation à créer de chatbot universel. Mais les essais internes et la réalité du marché l’ont poussée à revoir son approche et à valider, en fait, celle du chatbot.
Selon les informations assez précises de Mark Gurman de chez Bloomberg, Apple est en train de travailler vraiment, pour 2027, tant sur iOS que sur macOS, sur une nouvelle version de Siri qui n’aura donc plus rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui – et qu’elle aura vainement tenté d’améliorer de multiples façons.

Ce « nouveau Siri » sera un véritable assistant conversationnel, un chatbot multifonction, capable de recherche web avancée, de génération d’images, d’analyse de fichiers complexes. Il aura la capacité d’analyser ce qui se passe à l’écran pour comprendre le contexte d’une requête sans que l’utilisateur ait besoin de préciser les détails, de piloter les applications de l’écosystème Apple (Mail, Photos, Music) et sans doute d’applications tierces via les Apple Intents, pour accomplir des tâches complexes, comme résumer un article ou organiser un rendez-vous à partir d’un échange de messages. Pour ce faire, il sera à même, sauf à ce que l’utilisateur refuse toute expérience IA, de gérer des données personnelles et un historique, une mémoire des interactions de l’utilisateur.
L’infrastructure de Google est incontournable
Comme je le subodorais dans mon article de la semaine dernière (Flash ! du samedi 17 janvier 2026), ce futur Siri ne sera pas motorisé par les ordinateurs du Private Cloud Compute d’Apple, mais bien par les serveurs de Google, dopés par les processeurs Tensor (TPU) – qui commencent à menacer la suprématie de NVIDIA.
L’infrastructure d’Apple n’a pas les moyens de faire tourner de si grands modèles comme Gemini 3. Les tensions sur les marchés des processeurs IA et de la mémoire ne peuvent que repousser plus loin encore cette perspective.
Apple est décidément parti trop tard – deux à trois ans au moins – et ne pourra sans doute pas trouver avant longtemps sur le marché les composants nécessaires pour monter aujourd’hui l’infrastructure qui serait nécessaire à servir ses ambitions. Pire, les modèles évoluent si vite, non seulement dans leur puissance, mais aussi dans leur conception même, que savoir de quoi l’IA sera faite à l’orée 2030 relève de la boule de cristal.
Google est donc le choix qui s’impose, alors même qu’OpenAI s’apprête à déployer de futures attaques sur plusieurs marchés traditionnels d’Apple – attaques auxquelles Apple semble vouloir répliquer sans attendre avec, dès cette année, un AI pin ou encore de nouvelles versions d’AirPods intelligents.
Bref, Apple renonce, sans doute pour des années, à maîtriser 100 % de son matériel et de son logiciel. Mais en concevant une architecture flexible, du nom de code Campos, elle se donne au moins de la souplesse avec la possibilité de changer de base technique, d’envisager d’autres fournisseurs ou de basculer vers sa propre infrastructure quand elle sera prête.
Le nerf de la guerre
Tout cela nous conduit à une autre question… l’argent, bien sûr ! Apple a beaucoup, beaucoup de cash en banque, mais elle ne compte certainement pas le brûler aux feux de l’IA. Or, déployer l’IA auprès de millions de consommateurs – les utilisateurs Apple dotés d’un matériel adapté augmentent chaque semaine – va coûter des fortunes.
Apple devra bien payer Google pour Gemini et pour le passage par son infrastructure (la moindre requête anodine coûte horriblement cher) et par ailleurs, continuer à financer le développement de la sienne ! Il faut bien donc envisager que l’IA, au-delà des services de base pris en charge par l’actuelle Apple Intelligence, qui monopolisent essentiellement des ressources embarquées ou, au pire, celles du Private Cloud Computer, sera un service payant. Vous aurez sans doute à passer par Apple via un abonnement, sans doute dans les 20 dollars par mois, comme partout ailleurs, pour obtenir des outils performants, développant des capacités de raisonnement supérieures, capables d’analyser l’écran, le contexte, des documents longs, à même de gérer une mémoire et sachant orchestrer d’autres modèles et des agents.
Certains imaginent qu’Apple fera grâce d’un ou deux ans gratuits, histoire de tester les réactions et l’usage que font ses utilisateurs de l’IA, pour s’assurer d’une adoption massive et bouter à la longue ChatGPT ou Claude hors du monde Apple.
Le dernier enjeu qu’Apple doit maîtriser dans ce changement majeur est celui de la confidentialité, qui reste son argument marketing clé. Jusqu’à quel point les utilisateurs Apple accepteront de transiger sur de ce dogme-là ? ✿
DockAnchor, gratuit et incontournable pour maintenir le Dock sur un seul écran
J’utilise deux écrans, celui de mon MacBook Air M2 et un monteur 32”, sur lequel je travaille vraiment. Il n’y a rien de plus agaçant que de voir le Dock sauter sans contrôle d’un affichage à l’autre ! En tout cas, je le vis mal.
Il existait déjà un outil tiers DockLock. Si son usage limité à cette seule fonction – il en a d’autres – est gratuit, il rappelle sans arrêt qu’il faut passer à la caisse, même pour la version dite Lite disponible sur le Mac App Store. Ces manifestations fréquentes et intempestives sont aussi gênantes que le comportement du Dock. Heureusement, une nouvelle solution totalement gratuite est désormais disponible : DockAnchor.
L’utilitaire, installé en barres des menus, vous permet simplement de bloquer le Dock sur le dispositif d’affichage que vous souhaitez – moi, c’est le 32”. Il n’a pas d’autre fonction, mais il assure parfaitement celle-ci. Les options sont d’ailleurs nombreuses, à vous de les découvrir (c’est en anglais).
Alors, si vous avez deux écrans ou plus et que l’agitation du Dock vous horripile, installez DockAnchor !
L’application requiert au moins macOS 10.15, sur Intel ou Apple Silicon. Elle est signée et notarisée, mais on la télécharge depuis la page GitHub du projet, ou bien on passe par Homebrew. ✿
Page GitHub du projet
SupaSidebar a connu deux mises à jour importantes
Je vous avais parlé, il y a quelques semaines – en fait, c’était en octobre 2025 –, de cet outil qui permet de doter tout navigateur web d’une gestion des favoris et des onglets
« à la Arc ». Ce navigateur web abandonné de The Browser Company a impacté, en deux ans, le design de tous les navigateurs qui, progressivement, intègrent, souvent plus mal que bien, ses innovations, même Dia, pourtant du même éditeur, n’arrive pas encore
à son niveau en termes d’ergonomie.

SupaSidebar (facturé pour toutes ses fonctions 0,83 $/mois) va désormais au-delà de la simple « imitation d’Arc ». Cette barre qui se colle au navigateur (enfin, c’est là un résumé, car il y a tellement d’options !) peut contenir également des dossiers du Finder et d’autres éléments, et donc être utilisée comme un outil d’accès rapide, ouvert en permanence à l’écran si on le souhaite.
La version de décembre dernier apportait de très nombreuses nouveautés.
La barre latérale pousse désormais les fenêtres du navigateur sur le côté au lieu de les recouvrir en partie. Les fenêtres des navigateurs reviennent automatiquement à leur largeur complète dès que la barre latérale est escamotée, imitant le comportement de la barre latérale intégrée de certains navigateurs. La barre peut être réduite à ne montrer que les favicons pour n’occuper qu’un espace minimal – option que j’utilise de façon très ponctuelle, car je n’arrive plus alors à me repérer dans mon organisation.
En matière d’organisation, justement, SupaSidebar propose les dossiers intelligents qui regroupent automatiquement fichiers et dossiers (pas seulement les liens) en fonction de critères (type de fichier, chemin ou type de nom). Les opérations sur ces dossiers sont les mêmes que pour les dossiers normaux. Il est possible d’enregistrer rapidement tous les onglets ouverts dans un dossier en une seule action, de définir manuellement des icônes personnalisées pour les sites épinglés.

Avec la mise à jour de janvier, la fiche descriptive des liens ou des dossiers dont on veut pérenniser la présence dans SupaSidebar est prévue pour accueillir des notes. C’est très pratique pour maintenir le contexte (pourquoi ai-je un jour conservé ce lien ?) et ajouter des réflexions, un code… On peut aussi organiser les liens avec des tags personnalisés, mais SupaSidebar est aussi capable de suggérer des tags pertinents en utilisant l’IA locale du Mac (MLX) ou des modèles externes (à condition d’avoir une clé API correspondante).
Le développeur de SupaSidebar, Kshetez Vinayak, reste extrêmement actif sur ce produit. Même si chaque navigateur commence à intégrer de façon disparate telle ou telle fonction, SupaSidebar permet d’avoir une interface homogène quand on saute d’un navigateur à un autre. ✿
Informations et téléchargement
MISE À JOUR LUNDI 26 JANVIER 2026
Je viens de recevoir un e-mail du développeur : la prochaine mise à jour prévue dans le courant de la semaine apportera la possibilité d’attribuer un navigateur à l’ouverture de chaque lien et la traduction en français de l’application !
Clické fait des captures d’écran belles et gratuites
Apple fournit en standard les moyens de réaliser des captures d’écran fixes ou des enregistrements vidéo. Cela n’empêche évidemment pas les développeurs de proposer des produits beaucoup plus outillés, comme Shottr ou CleanShotX, mais certains nous offrent également des solutions plus simples, mais pas sommaires non plus. Il ne faut pas hésiter à tester, à se montrer curieux, surtout quand ce que l’on découvre ne coûte rien. C’est le cas du tout récent Clické.
Cette application native macOS est légère, rapide, simple et plutôt élégante. Elle se niche bien entendu dans la barre des menus.
Même si Clické ne sait faire que les captures les deux captures plus courantes – tout l’écran ou la sélection d’une partie de l’écran –, son éditeur intégré a retenu mon intérêt. Il propose en pratique de nombreuses options pour jouer sur tous les paramètres et créer des captures raffinées et utiles.

Ne vous laissez pas décourager par le très médiocre site web. Surtout, quand une capture est réalisée et que vous vous demandez ce qui se passe, parce que vous ne voyez peut-être rien… regardez en haut au centre de l’écran : il y aura une petite capsule vaguement « Liquid glass », dotée d’un bouton Edit ; c’est lui qui déploie l’interface de l’éditeur. Voilà, vous savez tout, à vous de jouer !
Téléchargement
Leafovers, des stickers sur vos pages web
J’ai découvert, par hasard, la semaine passée, une petite extension pour Google Chrome (elle fonctionne avec les autres navigateurs Chromium qui prennent en charge la sidebar de Chrome). Je connaissais d’autres extensions de ce genre, mais au look abominable, style 1950. Leafovers m’a tapé dans l’œil par son design moderne, sa simplicité et son côté amusant.

Quand on veut annoter quelque chose sur une page, on positionne un sticker. On tape la note dedans, et l’on peut même ajouter un tag. Chaque sticker peut être redimensionné, en largeur comme en hauteur, afin de contenir la totalité de la note. On le déplace où l’on veut exactement. On peut aussi l’y fixer ou l’y laisser flottant, ou encore le masquer temporairement s’il gêne la lecture de ce qui est en dessous.
La sidebar Carnet personnel (Leafovers) liste les stickers existants, les sites sur lesquels ils ont été collés, et propose un champ de recherche et des filtres pour s’y retrouver. On peut bien entendu quitter une page qui a des notes, puis, depuis la sidebar, y revenir d’un clic. Leafovers est totalement gratuit.
Mise à jour le 24 à 14:50
Si vous installez Leafovers sur plusieurs de vos machines, et que vous utilisez le même compte Google et la synchronisation, les stickers sont également synchronisés !
La synchronisation n’est pas de la parite dans cette version, mais annoncée par le développeur comme une fonction prise en compte à l’avenir. Pour l’heure les stickers ne sont gérés qu’en local. Je me suis avancé un peu vite sans vérifier moi-même la chose. Comme qui, il faut toujours tout vérifier avant d’écrire. Désolé.
Leafovers complète efficacement mon dispositif de prise de notes en venant en renfort de l’extension Bloc-notes en ligne.
Je vous proposerai sous peu une sélection des quelques extensions Chrome que j’utilise désormais, maintenant que j’ai fait à nouveau de Chrome mon navigateur par défaut. Ce n’est pas qu’Arc ne marche plus ou mal, c’est qu’il ne prend pas en charge la sidebar aujourd’hui exploitée par de très intéressantes extensions.
Adresse sur le Chrome Web Store
Site du développeur de Leafovers






SupaSideBar (« supa » pour « super » m’a dit l’auteur) est vraiment top. Et perso, je l’ai adopté (ce qui permet aussi par exemple de conserver ses favoris/signets quand on passe d’un navigateur à un autre sans à avoir à les importer et/ou utiliser un outil tiers qui ne fait que cela !). Et de fait, après moult années, je suis repassé sur Safari par défaut. Avec la dernière version, il a commencé à gérer le multi-écran, mais c’est perfectible. L’édition des liens est un plus c’est sûr, juste que c’est dommage qu’on ne puisse pas éditer le navigateur associé au favori, car SSB conserve dans le lien le navigateur s’où on a sauvegardé un lien, ce qui est top, mais pouvoir l’éditer serait un plus). J’ai fait part de ces remarques à l’auteur (et quelques autres) mais déjà en version 0.13, c’est déjà très bien.
Je viens de recevoir un e-mail du développeur : la prochaine mise à jour prévue dans le courant de la semaine apportera la possibilité d’attribuer un navigateur à l’ouverture de chaque lien et la traduction en français de l’application !
Je ne sais pas si c’est de cela que vous voulez parler, mais sur un lien, dans la barre latérale, cliquez sur les 3 points en regard à droite et, dans le menu contextuel, optez pour « Ouvrir avec » ; tous vos navigateurs y sont listés. Je trouve que c’est mieux, pour moi qui utilise quatre ou cinq navigateurs au quotidien, plutôt que d’attribuer un lien « fixe » à un navigateur donné.