Fluent 1.7.6 | Un assistant IA efficace, aux multiples compétences, et d’un usage souple et très agréable

Fin 2025, j’ai découvert Fluent par hasard, alors que je recherchais des applications de pratique orale de langues étrangères. Il est vrai que le nom peut prêter à confusion. Fluent pour Mac est en fait un assistant IA. Comme je suis friand de tout ce qui se fait en ce domaine et qui pourrait m’être utile au quotidien, je l’ai installé et l’utilise depuis régulièrement. Avec sa version 1.7 récemment sortie, Fluent a acquis une vraie maturité et gagné une fonctionnalité d’assistant documentaire majeure.

Assistant IA, Fluent peut tirer parti d’Apple Intelligence, mais aussi de modèles locaux optimisés pour les SoC Apple Silicon, via l’architecture MLX d’Apple. C’est suffisant pour des tâches simples, dans le style de ce qu’offre Apple Intelligence, mais avec l’interface utilisateur de Fluent, plutôt que par les interfaces médiocres et disparates d’Apple. Pour tirer davantage parti de ces modèles MLX, dans des applications plus ambitieuses, intéressantes et efficaces, il faut souvent disposer d’une configuration mémoire plus importante que la normale, de 24 ou, mieux, de 32 Go.

Fluent prend en charge un grand nombre de fournisseurs et des modèles d’IA générative,
à commencer par les Foundation Models d’Apple Intelligence, les modèles optimisés MLX, et des centaines de modèles tiers, gratuits et payants, open source ou propriétaires, via les clés API.

Fluent gère aussi une grande quantité de fournisseurs et de modèles, pour lesquels il suffit d’avoir une clé API – et de référencer une carte bancaire ou d’acheter un petit paquet de crédits chez le(s) fournisseur(s) choisi(s).
Je crois avoir compris qu’une version prochaine permettra également d’exploiter dans Fluent un abonnement ChatGPT Plus ou Pro, ou Google AI+.
Fluent ne propose pas lui-même un bouquet de modèles, comme le font Alter ou EnConvo, et c’est sans doute une raison de sa distribution en achat unique « à vie ».
Une fois Fluent installé, on définit un fournisseur et un modèle globaux qui seront utilisés par défaut, mais rien n’empêche de changer de fournisseur et de modèle à la volée, voire d’utiliser plusieurs modèles dans autant d’onglets que nécessaire au cours de la session de travail.

Une interface très agréable, maligne et dynamique

Pas de surprise : Fluent s’installe dans la barre de menus.
Son popover donne accès aux réglages, au choix des modèles, aux actions, aux intégrations et à la nouvelle section Memory – une fonction équivalente aux brains (cerveaux) d’Elephas, aux contextes d’Alter, ou encore aux carnets de NotebookLM.
J’y reviens plus loin.

Fluent installe un menu complet dans la barre de menus de macOS

L’interface principale de Fluent, c’est son Smart panel, une sorte de widget à géométrie variable et interactif, depuis lequel toutes les actions sont lancées.
Il apparaît selon différentes modalités. À ce niveau, comme à d’autres, les réglages de Fluent sont riches, d’où sa grande souplesse d’utilisation.

Le Smart panel est l’interface modulaire et dynamique de Fluent.

Pour ma part, je privilégie un raccourci clavier ou, mieux encore, l’intégration à PopClip – c’est pour moi ce qu’il y a de plus efficace. Le Smart panel peut être maintenu en avant-plan même si l’on manipule d’autres fenêtres.

Une très bonne aide à la rédaction de tous types de documents

Les assistants IA sont des outils très polyvalents, qui se plient aux besoins de leurs utilisateurs, lesquels peuvent avoir des activités fort diverses. Je recherche des informations, j’analyse des documents, des captures d’écran… et j’écris avant tout. Je n’utilise donc pas toutes les fonctionnalités, ni tout le potentiel d’une telle application. Ne pouvant me mettre dans la peau de qui que ce soit d’autre, c’est donc forcément par mon prisme professionnel et dans ma perspective personnelle que je teste et utilise tous les produits dont je vous parle sur ce blog.

Il se trouve que, comme tous les assistants IA s’appuyant sur des modèles d’IA générative, Fluent est à la base un outil de rédaction qui propose quantité d’actions sur le texte.
Je sélectionne du texte, j’appelle Fluent, qui le prend automatiquement en charge comme contexte ; je choisis éventuellement un modèle différent du modèle par défaut ; je clique sur l’une des actions favorites alignées en haut du widget – on ne saurait en placer plus de huit ici, dommage. Mais je peux bien entendu invoquer d’autres actions – trente-quatre sont actuellement fournies avec l’application, que Fluent m’autorise à éditer en détail. Je peux créer de nouvelles actions personnelles si j’en éprouve le besoin.
La bibliothèque des actions (les prompts) est très bien réalisée ; chaque action peut se voir attribuer un raccourci clavier afin d’être appliquée à la volée (mais il n’est pas possible de court-circuiter le Smart panel qui s’affiche dans tous les cas ; Fluent n’a pas de mode headless).

Fluent est founi avec une riche bibliothèque d’actions modifiables.

Je mets Fluent à contribution pour la traduction, la vérification et la correction orthographique et grammaticale, dans Typora et dans WordPress, dans eM Client pour les e-mails ou encore sur Reddit et Discord – mais je fais toujours appel à Antidote Web pour ses propositions de formulation alternatives, plus fines que les suggestions de GPT ou de Gemini.

Je n’ai jamais appris à taper au clavier, et avec le temps, c’est de pire en pire ! Fluent présente efficacement les erreurs de frappe, les problèmes orthographiques, grammaticaux et de ponctuation.

Au-delà du texte, en exploitant des modèles multimodaux (texte, images, vision, audio…), je peux fournir à Fluent des images et des captures d’écran et travailler avec lui sur ces types de documents visuels et graphiques. En mobilisant un modèle adéquat, je peux obtenir des informations, une transcription et converser autour d’une vidéo, par exemple.

Un assistant totalement contextuel

En plus du texte sélectionné, Fluent gère d’autres types de contextes.
Par exemple, celui des applications de messagerie (Apple Mail, Outlook, Thunderbird), de productivité (Pages, Numbers, Keynote, Aperçu, TextEdit), de communication (Messages, WhatsApp, Viber, Teams), des outils de créativité et de loisir (Photos, Musique, Podcasts, Livres), mais aussi le Finder ou encore Plans.

Fluent gère de nombreux types de contextes, notamment les onglets des navigateurs web.

Il prend aussi en charge le contexte des onglets des navigateurs, des navigateurs Chrome et Chromium, mais aussi de Safari et de Firefox.
J’ouvre un navigateur et des onglets, et j’appelle Fluent, qui « capture » l’onglet affiché en premier plan (y compris ce qui n’est pas visible, auquel je rajoute, grâce à un petit menu, un ou plusieurs des autres onglets auxquels il va accéder, même s’ils ne sont pas au premier plan, puis je lance ma requête.

On peut également enrichir le contexte de travail en ajoutant manuellement des fichiers à une requête pour fournir des éléments d’analyse supplémentaires à l’IA.

Le Smart panel disposant d’onglets, je peux lancer plusieurs requêtes en parallèle, avec des contextes différents et même des modèles différents.

La zone de réponse est dynamique : elle s’agrandit au besoin pour faciliter la lecture.
Pour une action telle que la vérification de texte, les apports, les modifications, les corrections sont clairement mis en exergue.
Les commandes classiques de copie ou d’intégration directe au document ouvert sont proposées.
La plupart du temps, Fluent respecte bien la mise en forme originale du texte sélectionné. C’est ainsi le cas dans WordPress où le gras et l’italique sont préservés lors des opérations de vérification/correction. C’est un plus par rapport à la plupart des assistants IA que j’ai utilisés qui retournent simplement du texte brut qu’il faut styliser à nouveau après correction.

Des intégrations aux applications Mac et une large ouverture via les serveurs MCP

Outre le contexte des applications et des navigateurs, je peux activer globalement, dans les réglages, des intégrations préprogrammées, puis les conserver ou les désactiver ponctuellement sur une requête précise. Des intégrations, Fluent en propose avec plusieurs applications Apple, telles que Calendrier, Rappels ou Notes, mais aussi avec le Finder, YouTube ou pour actionner la recherche web. Cela permet d’ajouter, au coup par coup, au contexte de la recherche, les bases de données de ces applications, mais aussi de lancer des commandes spécifiques en fonction du paramétrage défini pour chacune de ces actions. Par exemple, Fluent peut retrouver une note (dans Apple Notes) ou créer un événement (dans Calendrier).

Fluent propose de base des intégrations avec plusieurs applications Apple fournies avec macOS, ainsi qu’une large bibliothèque de presque sept mille intégrations possibles avec des applications et services distants pour réaliser l’automatisation de tâches.

Fluent est, de plus, livré avec une bibliothèque de presque 7 000 serveurs MCP assurant des intégrations externes avec des milliers d’applications et de services (MCP, créé à l’origine par Anthropic, est actuellement le protocole le plus utilisé pour ce type d’application et d’automatisation). Si cela ne suffit pas, on peut a priori assez simplement ajouter d’autres serveurs MCP qui ne seraient pas dans cette première liste. Pour aller plus loin encore vers l’automatisation de tâches précises, on peut utiliser du JavaScript, de l’AppleScript ou des scripts Shell personnalisés qui s’exécuteront lors de l’appel d’un outil personnalisé. Je ne m’aventurerai toutefois pas plus avant, car je n’ai pas encore eu le temps de regarder cela de près.

Créez très simplement des « mémoires » pour focaliser l’activité de l’IA

C’est aussi là qu’il faut activer l’option Memory afin d’imposer à Fluent de travailler dans le cadre d’une ou de plusieurs bases documentaires personnelles de travail. On peut créer autant de ces bases qu’on le souhaite, chacune pouvant contenir jusqu’à mille fichiers (textes, PDF, images…). Mieux vaut d’ailleurs segmenter et travailler avec des bases bien définies et focalisées, plutôt que de créer d’énormes mémoires multisujets.
J’exploite cette fonctionnalité très importante pour préparer des articles à partir d’une documentation hétéroclite, sur laquelle je demande à l’IA que j’ai choisie de synthétiser, de générer un résumé, de mettre en avant des corrélations ou des contradictions…
Ici (capture ci-dessous), j’ai réuni dans une « mémoire » trois documents autour des nouvelles versions 15 de Pages, Numbers et Keynote, pour défricher et préparer l’article publié dans Flash! du samedi 31 janvier2026.
Techniquement, c’est une fonction RAG (génération augmentée par récupération, technologie que j’ai déjà expliquée dans quelques articles) qui permet d’exploiter des bases de connaissances personnelles et locales composées de documents et de fichiers.
Même si pratiquement tous les assistants IA que je connais ont désormais enrichi leur boîte à outils avec quelque chose de similaire, Memory est un atout majeur de Fluent, car c’est ici, justement, d’une fluidité remarquable.

Les « mémoires » ou « cerveaux » (fonction Memory) de Fluent constituent un système de gestion/analyse documentaire, soule, rapide, efficace, qui s’appuie sur la technologie RAG.

Cette fonctionnalité peut aussi être utilisée pour créer un style d’écriture : fournissez quelques exemples de vos textes articles et l’IA repèrera vos choix stylistiques, votre vocabulaire habituel, vos trucs et tics d’écriture, et utilisera ces informations pour rédiger des réponses, des résumés, des synthèses que vous pourriez avoir rédigés vous-même. C’est une possibilité puissante que je n’utilise cependant pas. Bien que je me serve amplement de l’IA rédactionnelle et documentaire, j’écris moi-même mes articles au clavier – j’essaie de me mettre à la dictée vocale, mais c’est (psychologiquement) toujours compliqué ; à cet égard, Fluent ne me semble pas intégrer de système de dictée, ce que font de plus en plus d’assistants IA, comme Alter ou EnConvo, et de nombreux autres.

Rendez-vous sur le blog !

Le blog disponible sur le site de Fluent contient une longue, précise et très intéressante explication sur la fonctionnalité Memory, ainsi que des idées de mises en œuvre. Je vous suggère de la lire. C’est d’autant plus important que l’application n’a pas encore de guide utilisateur ni ne local, ni en ligne – il serait en préparation, si j’en crois un post très récent du développeur. Dans la foulée, lisez les notes concernant les précédentes grosses mises à jour de Fluent, les 1.4 et 1.6 : cela vous aidera à comprendre des fonctionnalités et à tirer vraiment parti de votre assistant IA.

L’assistant Fluent n’est disponible qu’en anglais, ce qui peut effectivement s’avérer être un obstacle pour un utilisateur dont la langue maternelle est le français. Ce n’est toutefois pas insurmontable. Aujourd’hui, l’IA peut traduire parfaitement des captures d’écran à la demande, ce qui aide à entrer dans les réglages nombreux, souvent détaillés et commentés, d’une application comme Fluent.

Fluent n’est pas distribué sur abonnement ; c’est un achat unique. Pour un utilisateur individuel avec un seul Mac, la licence est à 49 $, ou à 69 $ pour deux Mac. Dans les deux cas, toutes les fonctions actuelles sont accessibles et les mises à jour « à vie » sont incluses. Si vous n’êtes intéressé que par les fonctions de texte, par exemple, il existe une version Fluent Lite sur le Mac App Store, mais ce n’est pas un achat à mon avis très intéressant : c’est à peine moins cher et cela n’ouvre pas toutes les potentialités de Fluent, en particulier les intégrations et la fonctionnalité Memory, et plus globalement, tout ce qui permettrait l’intégration de Fluent à d’autres applications, le sandboxing imposé par l’App Store rendant cela impossible.

Le développeur de Fluent, Vadim Ermolin (Epic Bits), est très réactif, apporte régulièrement de nouvelles fonctionnalités, corrige rapidement les problèmes, et il ne semble pas à court d’idées pour faire de Fluent un des meilleurs assistants IA du marché. Aux côtés d’EnConvo, dont j’apprécie l’interface protéiforme, si pratique dans certaines circonstances, Fluent a de grandes chances de s’imposer comme mon assistant de chaque instant. ✿

Fluent 1.7.6

Interface en anglais
Sur le site de l’éditeur : 49 $ et 69 $ pour, respectivement, 1 ou pour 2 Mac, en achat à vie, avec toutes les mises à jour futures.
50% de réduction pour étudiants et enseignants.
macOS 14.2+ sur Mac Intel et Apple Silicon
Développeur : Epic Bits – Vadim Ermolin
Informations site éditeur

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Invité
AUCOEURDUMAC
9 jours il y a

Bravo pour VVMac mais Fluent, désolé mais pour moi et pour les seniors c’est quand même une belle usine à gaz de surplus en anglais only, alors j’e l’ai essayé et vite rangé car pour moi et ma clientèle c’est un peu compliqué. ChatGpt, Claude et perplexité même séparées sont plus faciles à gérer et vérifier et valider mes idées et projets successivement pas deux de ces IA est pour moi le plus efficace encore, quitte à jouer au ping pong entre les deux ! Bravo encore

Invité
Vadim
10 jours il y a

C’est un article très complet, Bernard ! Moi-même, je n’avais même pas remarqué à quel point Fluent a évolué, parce que l’interface interactive principale – Smart Panel – reste à peu près la même que dans la toute première version, et pourtant, désormais, elle est capable de bien plus qu’auparavant. J’espère conserver cette idée fondamentale et intégrer davantage Fluent à macOS de manière naturelle.