Au delà du lanceur, avec l’IA générative en renfort, Raycast est un puissant assistant de productivité !

Raycast réunit sous le label Raycast AI l’accès à des dizaines de modèles génératifs textuels différents et des modèles multimodes, dotés de la
« vision » et capables d’analyser des images et ce qui est affiché à l’écran de l’utilisateur. D’autres modèles sont orientés création graphique.
Ce bouquet de modèles est accessible dans l’interface même de Raycast, dans laquelle on passe des commandes simples. C’est une approche qui évite de se disperser sur de multiples applications et onglets web, et réduit les interruptions et les changements de contexte. Cette approche n’a cependant rien d’inédit, ni même d’exceptionnel – c’est l’esprit même de tous les assistants IA qu’on trouve sur le marché. C’est sa mise en œuvre qui est intéressante !

Des commandes IA à piloter au clavier

Les commandes IA de Raycast se divisent en deux catégories.
Les commandes pré-intégrées sont une douzaine d’actions prêtes à l’emploi que l’on trouve à peu près partout – améliorer un texte, corriger l’orthographe, traduire d’une langue vers une autre, convertir du code informatique entre langages, ou encore résumer un document…
Pour les commandes personnalisées, c’est l’utilisateur qui crée ses propres actions, avec ses propres prompts ; il choisit quels modèles du bouquet utiliser et assigne des raccourcis clavier pour automatiser ses workflows.
L’IA est accessible [1], directement dans le champ de recherche de Raycast (interaction brève Quick AI) ou dans une fenêtre autonome (Chat AI pour des échanges plus longs). Si l’on peut se servir de la souris ou du trackpad, le principal mode d’interaction de Raycast est le clavier – là où d’autres, comme Alter, privilégient la commande vocale, mais rien n’empêche d’utiliser une application de dictée vocale comme Spokenly pour entrer une commande.

[1] Dans les Réglages de Raycast, un onglet est entièrement dédié au paramétrage de l’utilisation des modèles et des commandes IA.

Pour accéder aux ressources IA de Raycast et aux commandes, il faut s’acquitter d’un abonnement Raycast Pro, qui coûte 8 €/mois (ce qui est un prix correct quand on compare aux grands services qui sont plutôt à 22 € /mois). Toutefois, à ce niveau, tous les modèles du bouquet ne sont pas accessibles et il y a des limites d’usage. Raycast propose aussi un niveau supérieur, plus cher, avec des limites plus larges et plus souples.
Vous pouvez tester l’offre Raycast AI, sans prendre un abonnement, dans le cadre d’une enveloppe de 50 messages gratuits. Avant de s’abonner, on peut aussi passer quatorze jours dans « le sas » de l’évaluation gratuite de Raycast Pro.

Utiliser Raycast AI sans passer par le bouquet Pro

Profiter de l’infrastructure de Raycast et de son interface utilisateur avec des outils d’IA hors de l’abonnement Raycast Pro est tout à fait possible.

Raycast a d’abord ouvert la possibilité de tirer parti, même pour les utilisateurs gratuits, d’une plateforme d’exécution locale de LLM bien connue : Ollama [2].
En installant Ollama sur son Mac, on peut télécharger sur l’ordinateur des modèles à choisir parmi une centaine de modèles open source. Cela nécessite toutefois d’avoir un Mac bien doté en mémoire. Avec 16 Go, il y a déjà du choix.

[2] On peut exploiter l’infrastructure IA de Raycast et son interface utilisateur très pratique, en tirant parti de modèles téléchargés localement sur le Mac, via Ollama.

De plus en plus facilement, on trouve des modèles « compacts » qui rivalisent avec les plus gros, mais 8 Go de mémoire vive, c’est peu pour une bonne expérience (rapidité et qualité des réponses du modèle).
Ce cadre garantit en revanche une confidentialité maximale, puisqu’aucune donnée ne sort de l’ordinateur vers des services externes, pas même vers Raycast. Cela supprime aussi le coût de la consommation d’IA sur les serveurs distants. Cette intégration à Raycast est native si bien qu’on peut exploiter les mêmes commandes préintégrées et créer des commandes personnelles, en stipulant le modèle local à actionner et d’autres petits détails. Cela ne demande aucune compétence technique.

Très récemment, Raycast a également ouvert la possibilité d’utiliser le BYOK (Bring Your Own Key) [3], c’est-à-dire ses propres clés API OpenAI, Anthropic, Google ou autres. L’exploitation n’est évidemment pas locale, mais on contrôle la consommation, puisque la facturation n’est pas faite par Raycast, mais par le fournisseur de l’IA exploitée.

[3] Depuis quelques mois, Raycast vous permet d’utiliser vos propres clés API. Même en tant qu’utilisateur gratuit de Raycast. Vous payez le consommation d’IA directement à votre fournisseur (OpenAI, Google, Mistral…).

Cette possibilité est ouverte à tous les utilisateurs, y compris les « gratuits ». On peut alors tirer parti de l’interface et des commandes de Raycast, en passant directement par son ou ses modèles préférés. Directement. Reste à considérer que, et cela a fait l’objet de vifs débats sur les réseaux pendant une dizaine de jours, même avec BYOK, les requêtes (et les clés API des services extérieurs ciblés) transitent par les serveurs de Raycast. D’où des questions de confidentialité.

Les dirigeants de Raycast se sont fendus de plusieurs mises au point, reconnaissant que la communication n’avait pas été claire, mais écartant tout problème de confidentialité. Il apparaît que Raycast ne « capte » que très peu d’informations, celles que l’entreprise estime clés pour l’amélioration de son infrastructure. Il faut noter que cette approche n’est pas unique, d’autres services fonctionnent aussi de cette façon.

Dans tous les cas, il suffit ensuite de bien choisir les modèles à utiliser [4] pour chaque type d’action possible. Les modèles sont clairement identifiés par leur nom et par un symbole qui indique s’ils dépendent d’une clé API (une clé) ou d’Ollama (icône d’Ollama).

[4] Chaque commande IA peut se voir affecter un modèle différentes selon les compétence sde ce derniers et de votre appréciation personnelle forgée au fil de vos utilisation.

Tirer parti d’extensions IA tierces

Ici, l’approche est différente. On ne va pas utiliser les commandes (préintégrées ou personnelles) de Raycast, mais se servir de son interface utilisateur pour exploiter d’autres outils qui offrent, gratuitement (mais une clé API est nécessaire parfois, donc une facturation possible par le fournisseur d’IA), des commandes similaires, éventuellement moins banales, plus intéressantes.

Outre les extensions qui permettent d’accéder directement à un modèle donné (avec une clé API) via une batterie de commandes prêtes à l’emploi, certaines autres proposent des services d’assistant bureautique intelligent. Il est certain qu’avec l’ouverture par Raycast d’accès gratuits en BYOK ou par Ollama, le recours à des extensions tierces peut être désormais moins séduisant qu’il y a encore quelques mois, mais cela reste une possibilité.

Recherchez Alice AI dans la boutique d’extensions de Raycast. Cette extension propose des actions classiques sur le texte [5], mais aussi la possibilité de créer de nouvelles actions… On peut l’utiliser via Raycast, mais le principal intérêt que certains lui trouveront est de pouvoir placer Alice AI dans la barre des menus de macOS où son menulet [6] proposera une sélection d’actions souvent utilisées, ainsi que l’historique des requêtes effectuées par son entremise. Se placer en barre de menus est une option qu’offre Raycast, dont peu d’extensions tirent malheureusement parti. Alice AI, basée sur ChatGPT (mais pas besoin d’abonnement ChatGPT Pro ni de clé API d’OpenAI), est vraiment très simple à utiliser et à personnaliser.

[5] [6] L’extension Alice AI (sur la Raycast Store) exploite l’interface utilisateur de Raycast, tout en proposant ses fonctions d’IA, y compris dans la barre des menus de macOS.

L’extension Apple Intelligence [7] permet, comme son nom l’indique, d’exploiter, via l’interface de Raycast, les modèles locaux d’Apple et d’activer les commandes d’IA rédactionnelles et graphiques qu’Apple a développées, au lieu de passer, par exemple, par le popover standard des Outils d’écriture (une interface qui n’est pas encore très bien définie et ça ne va pas s’améliorer puisque les développeurs tiers vont pouvoir intégrer ces outils dans leurs propres interfaces utilisateurs dans les mois qui viennent).

[7] Tirez parti des fonctions fournies par Apple, avec Apple Intelligence pour macOS, directement dans l’interface utilisateur de Raycast.

Une autre extension, déjà évoquée dans VVMac et que j’ai utilisée jusqu’au printemps dernier, est GPT4Free. On ne la trouve pas sur la boutique des Extensions Raycast ; il faut la télécharger sur la page GitHub de son concepteur, puis l’intégrer (ce n’est pas bien compliqué, faites traduire la page GitHub en français).
Une fois installée, elle apparaît bien comme les autres dans les Extensions Settings de Raycast [8]. Elle affiche ses très nombreuses commandes et fonctions qu’il suffit d’invoquer dans l’interface de Raycast comme n’importe quelle autre commande préintégrée. Sa version 0.5.6 est la plus récente (au 3 septembre).

[8] GPT4Free n’est pas disponible sur la boutique officielle des extensions de Raycast, mais on peut l’installer assez facilement. Elle est très bien intégrée et elle apporte un grand nombre de commandes IA.

Enfin, une quatrième possibilité – parmi d’autres encore – est l’application MackingJAI, open source et gratuite sur GitHub, dont le slogan est Mocking OpenAI API through ChatGPT Desktop app. C’est un peu artisanal, mais l’installation est simple. Il faut avoir préalablement aussi installé l’application ChatGPT et la laisser ouverte. MackingJAI va créer un raccourci. Puis, il suffit de modifier un seul réglage dans Raycast AI, dans la section OpenAI.

En pratique, cela permet d’exploiter dans Raycast les modèles de ChatGPT, sans avoir de clé API donc gratuitement – les utilisateurs de ChatGPT Plus auront accès à plus de modèles et de possibilités que les utilisateurs gratuits. MackingJAI peut éggalement être exploitée pour toute application utilisant l’API OpenAI ou l’API Ollama pour fonctionner. ✿

Page Raycast
Page GPT4Free sur GitHub
Page MackingJAI

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