Quelques extensions Chrome pour organiser, écrire et garder une trace
Je vous propose ici un petit bouquet d’extensions pour Chrome et les navigateurs Chromium. Quelques outils grâce auxquels vous utiliserez votre navigateur avec plus de confort et, surtout, une plus grande efficacité, mais aussi tirerez mieux parti des pages et des contenus visités, grâce à l’IA, et conserverez des traces exploitables de vos visites.

Les navigateurs ne servent pas qu’à visiter des sites web et à consulter des pages. Certes, c’est leur principal usage, mais c’est essentiellement volatil. Pourquoi ne pas doter son navigateur de fonctionnalités qui permettent de tirer mieux parti des recherches, des lectures et des déambulations… sans systématiquement faire appel à d’autres applications et jouer sans cesse du copier-coller ?
Safari n’est pas le navigateur le mieux adapté pour cela. Faire payer 99 dollars à qui veut simplement créer ou porter une extension sur Safari conduit à la pauvre bibliothèque que nous connaissons. Google Chrome et les autres basés sur Chromium ne sont pas forcément mieux outillés de base, mais ils bénéficient des fonctionnalités offertes par plus de
135 000 extensions officielles, sans compter celles qui ne sont pas sur le Google Web Store. Dès lors, transformer un navigateur plus ou moins banal en un puissant outil de travail n’est pas très compliqué… Sauf qu’il faut trouver de belles et bonnes extensions, ce qui n’est pas en soi très évident.
Des extensions, j’en ai testé un grand nombre depuis que j’utilise à nouveau principalement Chrome. En adopter quelques-unes relève à la fois du hasard des rencontres dans le dédale du Chrome Web Store, aussi problématique que l’App Store, et d’un choix forcément très personnel. Je ne suis pas sûr que mes choix retiendront votre attention, mais tant pis, je me lance…
D’autres manières de gérer les onglets et les favoris
et d’organiser vos espaces de travail
Même si la toute dernière version de Chrome, la 146 (encore en bêta d’ailleurs) ajoute une barre d’onglets verticale sur la gauche, je reste sur ma faim. Je viens du navigateur Arc et j’ai du mal à me passer de sa barre latérale ingénieuse. Si j’utilise toujours Arc, je personnalise progressivement Google Chrome en y intégrant des fonctionnalités proches grâce à des extensions ou à des outils connexes.
À cette fin, je vous conseille trois produits. Le premier est une extension qui s’ajoute donc dans l’interface même de Chrome ; les deux autres sont des applications autonomes qui peuvent être utilisées avec Chrome comme avec d’autres navigateurs, y compris avec Safari et Firefox. Je vous conseille de tester les trois produits et de n’en garder qu’un, évidemment, celui qui vous conviendra le mieux.
Side Bar for Arc Users reconstitue l’expérience distinctive d’Arc en combinant les onglets épinglés, les favoris et les onglets actifs dans un volet vertical fluide. Dans cette barre, les signets agissent comme des onglets « vivants » : ouvrez-les, fermez-les librement, ils restent toujours accessibles. Vous pouvez en épingler quelques-uns en haut de la barre latérale. Vous créez des espaces isolés, liant dossiers de signets et groupes d’onglets. Tout fonctionne largement en glisser-déposer des signets, des onglets, des groupes. La recherche permet de filtrer l’ensemble facilement. La version la plus récente assure
l’import et l’export complet et le support des groupes d’onglets natifs de Chrome.
Side Bar for Arc Users est une extension gratuite.


Je vous ai déjà parlé de deux autres outils, SupaSidebar (dans cet article ) et Arcmark (rubrique Flash! du 21 février 2026), tous les deux à l’évidence inspirés par Arc, y compris sur le plan du design visuel.
SupaSidebar a beaucoup évolué depuis sa sortie au dernier trimestre 2025, et va bien
au-delà de l’imitation efficace de la barre latérale d’Arc. Il est devenu un gestionnaire d’onglets, de favoris, de groupes, d’espaces… à part entière. On peut même s’en servir comme lanceur local d’applications et de fichiers.
Arcmark est tout récent, mais pleinement opérationnel et, finalement, plus simple, pour l’instant du moins, à utiliser que SupaSidebar, qui accumule de plus en plus — trop ? — de fonctionnalités.
L’intérêt clé de ces deux produits est d’être « agnostiques » ; ils sont autonomes à la différence d’une extension. SupaSidebar peut être utilisé avec plusieurs navigateurs ouverts simultanément ; la toute dernière version permet de créer des règles pour router des onglets vers tel ou tel navigateur ou groupe.
Si l’aspect « autonome » de ces outils vous séduit, je vous suggère de commencer avec Arcmark ; si cela vous plait, mais que vous touchez ses limites, passez en douceur à SupaSidebar. Ce n’est pas très compliqué, d’autant qu’ils sont tous les deux dotés de fonctions d’import et d’export – vous n’êtes enfermé ni dans l’un ni dans l’autre.
Quand on conserve de nombreux onglets ouverts, Chrome peut manifester certains dysfonctionnements. Je ne suis pas du style à enquêter, je vais au plus direct : je clique sur ChromeResetButton. Cette extension nettoie les coulisses de Chrome, le remet dans un état de base, rafraichit les extensions installées… mais elle préserve les onglets ouverts qu’elle rétablit après le redémarrage du navigateur. Cela ne m’arrive pas très souvent de l’utiliser. Mon MBA a 16 Go de RAM, les problèmes sont rarissimes. La version gratuite, de base, est largement suffisante pour un simple rafraichissement.
Encore trois autres extensions qui me semblent utiles
J’ai déjà écrit à propos de Leafovers Sticky Notes (en français : Notes autocollantes pour le Web — annoter, se rappeler et s’organiser). Elle permet d’ajouter des notes directement sur une page web. Chaque note reste liée à l’URL. Quand on revient sur la page, on retrouve donc ses commentaires. Pratique pour relire une source, noter une piste d’enquête, ou laisser des repères pour plus tard. Cela évite de perdre des informations dans une longue liste de signets.

Une autre fonctionnalité d’Arc qui me manque parfois est Easels, ce sont des « planches » thématiques, un peu comme dans l’application Freeform d’Apple, mais intégrées au navigateur. Pinly en est l’équivalent pour Chrome et les navigateurs Chromium, puisqu’on peut ainsi créer des planches visuelles rassemblant des images, des titres, des extraits, des URL, des notes… Vous pouvez créer et maintenir jusqu’à cent planches Pinly, de quoi donner un contexte, une profondeur plus intéressante que la simple liste d’URL ne saurait offrir.
Toujours inspirée par Arc et par sa fenêtre éphémère Peek, voici BerryPeek. Alors que je suis en train de lire un article, je n’aime pas cliquer sur des liens qui renvoient vers d’autres pages, forçant l’ouverture d’autres onglets, j’y perds le fil de ma lecture, de l’analyse, car cela m’impose souvent un changement de contexte perturbant et inutile. BerryPeek me procure un aperçu instantané quand je veux juste voir le contenu d’un lien sans quitter l’onglet et le contexte actuel. J’appuie sur la touche [maj] puis – seulement après – je clique sur le lien à prévisualiser. Une « fenêtre » anthracite et transparente s’affiche alors en surimpression de l’onglet actif flouté. Deux boutons servent à gérer cette vue élégante rapide : fermer ou ouvrir un nouvel onglet.

un autre onglet de Chrome.
À la différence d’autres extensions qui n’affichent qu’un résumé IA ou le seul titre et le premier paragraphe du texte de la page prévisualisée, BerryPeek me permet de faire défiler l’article, avant de reprendre le fil de ma recherche. Je n’ai pas trouvé mieux pour Chrome, même si certains sites refusent d’afficher la page « cible » dans BerryPeek, comme MacG. Ça fonctionne parfaitement sur Reddit et sur tous les sites français d’information que je visite au quotidien.
De l’écriture assistée…
Si vous ne souhaitez pas installer sur votre Mac une application d’IA autonome – par exemple Kerlig, Fluent, Echoo, EnConvo, Alter ou encore Ahsk…– pouvant fonctionner dans n’importe quelle autre application, choisissez d’exploiter les services d’un assistant IA rédactionnel conçu pour une application donnée.
Si vous passez la majorité de votre journée sur un navigateur Chromium (Chrome) pour naviguer et travailler, je vous suggère d’installer l’extension alt-D. C’est avant tout un assistant rédactionnel. Quasiment invisible, il opère à la demande (via la combinaison [ctrl] [d] sur Mac, ce qui peut être modifié) à tout endroit d’une page web qui accepte une entrée de texte (champ, zone, bloc…). Il s’appuie sur le service Groq (pas le Grok de Musk), dont il est très simple d’avoir gratuitement une clé API. Ceci fait, vous utilisez l’un des nombreux modèles également en accès gratuit – GPT-OSS 120B, LLaMA 3.3 70B, Qwen3 32B et d’autres. Il ne s’interface par contre pas avec Ollama ou LL Studio et des modèles locaux. En pratique, alt-D ne fait qu’une chose, en une passe : vérification-correction-reformulation.
alt-D, un outil d’IA en un clic, d’un usage transparent et efficace.
Après avoir précisé dans ses réglages quel modèle utiliser, vous activez quelques options pour construire, sans vous en rendre compte, le prompt qu’il appliquera – jusqu’à ce que vous le modifiez au besoin en décochant et en cochant d’autres options. Il offre un large choix de tons, dans la catégorie Standard comme dans les deux autres, Professional et Expressive. On peut conserver à l’écran son petit panneau flottant qui affiche son état et les principaux réglages (modèle, ton…), mais il est plus gênant qu’autre chose, puisqu’il faut trouver où le caser dans l’espace disponible de la fenêtre du navigateur ; je pense qu’il vaut mieux le masquer, ce qui est une des options (j’aurais préféré avoir un raccourci clavier pour le faire apparaître/disparaître à volonté). La qualité de la réécriture effectuée par
le modèle suggéré par défaut (le modèle open source GPT-OSS 120B d’OpenAI) est très bonne (équivalent à GPT 3). De toute façon, sauf à travailler son prochain roman ou sa thèse universitaire dans Google Docs, la recherche d’une grande qualité rédactionnelle n’est pas vraiment essentielle dans les autres types d’activité. alt-D est entièrement gratuit. Si vous optez en outre pour un modèle d’IA gratuit, c’est une solution vraiment bien intégrée à Chrome et aux navigateurs Chrome.
…à la gestion documentaire
Comme ma principale application de travail est DEVONthink, je ne manque pas d’installer son outil de capture dans chaque navigateur que j’utilise. Cette extension très puissante me permet de collecter sur Internet tout ce dont j’ai besoin, dans divers formats. Généralement en Markdown. Pourquoi ? Parce que ce système de balisage qui utilise du texte brut pour mettre en scène du texte brut est facilement exploitable par les IA : elles reçoivent en entrée un document bien structuré, mais sans être embarrassées par des complexités propriétaires qu’elles devraient interpréter plus ou moins bien. L’outil de capture de DEVONthink est également installé automatiquement pour Safari. Mais très peu de gens ont DEVONthink à portée de main. Qu’à cela ne tienne, sur le point précis du Markdown, vous pouvez installer alors l’extension Mdown. Elle sauvegarde la page web affichée sous forme de fichier .md sur disque, ou l’envoie à ce format directement vers ChatGPT, Claude ou Gemini. Un clic ! C’est rapide et ça fonctionne bien.
En complément de DEVONthink, j’exploite volontiers la plateforme NotebookLM de Google. Pour travailler sur de « gros » articles, plutôt que de rester durant la phase remue-méninge, dans DEVONthink, j’en extrais les seuls documents qui m’intéressent et je crée un espace dédié dans NotebookLM. Je peux ainsi être pleinement concentré pour la phase d’analyse, de confrontation des documents, et même lancer des essais rédactionnels.
Je n’utilise la plateforme de Google qu’à cette fin, puisque je ne produis ni podcasts audio/vidéo ni présentations sophistiquées… Pour optimiser le fonctionnement de NotebookLM, il existe un nombre très important d’extensions dédiées. J’en ai testé plusieurs pour finalement ne conserver que l’extension NotebookLM Tools. Elle est gratuite, très complète, et fait le lien entre la lecture de mes pages Web, de mes documents DEVONthink et d’autres espaces, et l’espace d’analyse de l’IA.

NotebookLM Tools est principalement conçu pour les étudiants, les chercheurs, les auteurs, les journalistes, mais peut également satisfaire un large éventail d’autres utilisateurs. Vous pouvez ajouter un grand nombre de sources (PDF, textes, URL, YouTube, RSS, onglets, pages web), les classer dans des dossiers structurés (jusqu’à 50 dossiers par carnet, avec glisser-déposer et export/import) ; créer une bibliothèque de prompts IA personnalisés avec raccourcis ; nettoyer vos carnets en détectant et supprimant les doublons par titre, URL ou contenu ; fusionner des sources pour consolider l’information ; suivre vos productions (notes, rapports, audio, vidéos, présentations, images…) et leurs statistiques. Bref, au lieu de multiplier les extensions autour de NoteboolLM, celle-ci est à privilégier !
Si vous ne recourez pas à NotebookLM pour votre travail, mais plutôt à ChatGPT, Gemini ou Claude, vous avez certainement remarqué qu’il n’y a pratiquement rien en place pour suivre, gérer et exploiter des conversations ! Même si les conversations sont mémorisées, elles s’empilent dans une barre latérale et en tirer parti est quasiment impossible… si l’on ne fait pas appel à un outil externe que l’on viendra greffer au chabot. Cela suppose de passer non par les applications de bureau de ces grands fournisseurs d’IA, mais par un navigateur, Chrome ou Chromium, pour lequel les extensions adéquates existent (ça marche aussi avec Comet de Perplexity, mais pas avec Atlas ChatGPT d’OpenAI, qui veut bien importer les extensions de Google, mais n’offre aucun moyen de les utiliser pour l’instant). Je vous suggère l’extension ChatGPT, Gemini, Claude Chat Export & Navigator. Destinée aux développeurs, aux écrivains, aux chercheurs, aux étudiants et plus largement à toutes les personnes qui réalisent de longues sessions de discussion avec
les IA, elle permet de suivre de façon claire le fil d’un échange, de sauter d’un clic d’un prompt à un autre, d’annoter, d’archiver et d’exporter en Markdown, PDF ou texte brut. Quand j’ai une longue session, cette extension m’assure de pouvoir relire et vérifier de façon bien plus efficace ce qui a été échangé, tout en conservant à l’export les métadonnées utiles (date, version du modèle, prompt utilisé) sans lesquelles l’archive n’a plus trop de valeur. Ensuite, j’intègre ces exports dans DEVONthink. ✿





Bonjour!
Le lien d’Alt-D renvoie « Cette extension n’est pas disponible »…
Le rançon du succès?
Bon week-end et merci pour toutes vos infos précieuses
BLM
Vous pouvez télécharger l’extension ici : https://sevyn.me/altd/
J’ai fait la modification du lien dans l’article, évidemment.
C’est une extension non empaquetée, donc elle n’est pas disponible sur le Google Web Store.
Vous obtiendrez un fichier zip.
Vous le dézippez et placez le dossier résultant dans un endroit où il ne bougera pas.
Dans Chrome, allez dans Extensions, activez le mode développeur, cliquez sur le bouton « Charger l’extension non empaquetée » et chargez le dossier de l’extension. Elle s’installera avec els autres extensions. Normalement elle sera mise à jour depuis le site du développeur. C’ets une extension moderne qui répond aux normes MV3 (Manifest V3) de Google.
Il était encore disponible hier, lorsque j’ai revérifié l’ensemble avant de publier l’article. Dommage, je viens de corriger ma réponse avec lui. Alt‑D fonctionne très bien sur mon Mac. Désolé. Ce n’est peut-être qu’un problème temporaire, peut-être une mise à jour. Il faut attendre pour voir dans les jours qui viennent si l’extension réapparaît.
Je vais essayer de surveiller cela.
J’ai commencé à lire cet article … mais je n’ai pas pris cette abonnement pour chrome et consort..;
Désolé ..;
D’abord, vous n’avez pas pris d’abonnement, car il n’y en a pas. L’accès au site est libre et gratuit.
Pour les PDF, il s’agit d’une distribution à l’unité, au ticket.
Vous n’êtes pas obligé d’acheter chaque numéro, et vous pouvez lire tous les articles sur le site si vous le souhaitez, en évitant ceux qui ne vous plaisent pas.
Plus globalement, vous voulez que je parle de quoi ? Chaque utilisateur voit midi à sa porte. Moi aussi, justement.
VVMac Le Blog est un blog, un site personnel, pas un magazine d’information générale.
Je parle de ce que je fais avec mon Mac, de ce que je teste, de ce qui m’intéresse. Je ne parle pas de photo, pas de vidéo, pas de musique, pas de domotique, pas de montre connectée, pas d’iPhone, pas d’iPad… et ptesque pas d’Apple. Il y a des tas de domaines dans lesquels je n’ai aucune compétence, que je ne pratique pas.
Alors ce que je propose peut parfois correspondre à vos besoins, à vos attentes, et parfois pas. Désolé.
Bon week-end à vous.