Strflow 1.5 | Votre mémoire « de poche » sur Mac, iPhone et iPad
Strflow est une application proposée sur Mac, iPhone et, depuis tout récemment, sur iPad. Elle reprend l’idée d’un « second cerveau », comme DoubleMemory, mais avec une approche pratique sensiblement différente (quoique sur iPhone, les deux apps soient assez semblables). Strflow fonctionne comme une application « texter à soi-même » : elle enregistre ce que vous écrivez ou dictez sur une frise temporelle, et classe les notes mémorisées par tags, plutôt que par dossiers statiques.

Cette application de prise de notes rapides, de pense-bêtes photo, de collecte de liens divers est développée, depuis plus de deux ans, par Shingo Eguchi, un développeur japonais.
Shingo a repris à son compte l’interface des messageries instantanées ou des chatbots IA pour l’appliquer à la prise de notes textes, pouvant inclure des photos, mais pas de l’audio pour l’instant (je peux certes dicter, mais c’est transformé en texte par l’IA vocale d’Apple). C’est donc une fenêtre assez simple que déploie Strflow, dotée d’une barre latérale gauche où l’on trouve les mots-dièses (hashtags) et d’un cadre à droite qui déroule un papyrus infini sur lequel les notes s’empilent selon leur ordre chronologique d’entrée, la plus récente en bas de la fenêtre.
Quand on ouvre l’application, on tombe toujours sur la dernière entrée et on « remonte » dans le temps en « déroulant » la vue vers le bas – et non pas vers le haut, comme c’est le cas dans la plupart des applications de prise de notes. La liste est structurée par jour ; dans chaque jour, l’heure d’entrée est indiquée. Le champ de saisie est en bas de la fenêtre. On peut y écrire directement ou y coller du texte venu d’ailleurs.

Pour mémoriser quelque chose directement, on peut écrire ou dicter et, depuis une autre application, appliquer un raccourci clavier global (à définir dans les réglages) qui assure l’activation de Strflow peu importe que ce qu’on fait ; il n’y a plus qu’à coller. Si l’application dont on veut garder du contenu prend en charge le menu Partager, il suffit de l’utiliser pour créer encore plus rapidement une note dans Strflow.
Dans la zone d’entrée, un petit popover Aa offre quelques fonctions de mise en forme simples, l’idée étant qu’e’avec Strflow, on note surtout à la volée. L’application ne propose pas le balisage Markdown, mais il est possible d’exporter les notes à ce format afin de les réutiliser au besoin dans des applications telles qu’Obsidian, Typora, Bear… Cependant, la prise en charge directe de Markdown à la création et à l’édition des notes permettrait de mettre directement en forme le texte sans lever les mains du clavier. Si c’est dans les projets de Shingo, j’aimerais que Strflow assure alors, comme aujourd’hui, le rendu wysiwyg automatique du Markdown.


Strflow sait aussi gérer les extraits de code informatique.
On peut bien entendu aussi entrer des liens web – dont on accepte ou pas la prévisualisation dans la note) – et ajouter des images par navigation ou par glisser-déposer sur Mac, et par la pellicule ou par la caméra sur iPhone et iPad.
D’un clic, la petite icône « d’envoi », à droite du champ d’entrée, ajoute la note à la frise temporelle.
Depuis quelques mois, un autre type de donnée est proposé : tâches et pense-bêtes. On peut évidemment créer une nouvelle note et saisir une tâche dedans, mais aussi intégrer une ou plusieurs tâches, séparées ou en liste, dans une note contenant déjà du texte, des images, des liens web… Une tâche est précédée d’une case à cocher ; on coche cette case et le texte est automatiquement barré. Il n’y a aucun lien d’intégration à l’application Rappels, mais Strflow gère son propre « moteur » de rappels, avec activation des notifications Système. Bien entendu, on peut associer soi-même Strflow et Rappels, en collant dans un rappel un ou plusieurs liens vers une ou des notes.
On peut aussi créer des notes, puis modifier leur date de création afin de les « programmer » dans le futur : une notification sera émise à l’échéance. Ces notes programmées (scheduled) dans le temps sont listées tout en bas, dans une section dédiée.

Une note peut inclure une tâche ou une liste de tâches, ou encore être en soi une tâche qu’on peut programmer au futur, avec notification standard de macOS.
Pour structurer l’ensemble et faciliter la recherche, on attribue à chaque note un ou plusieurs mots-dièses. Ce sont eux qui font office de « dossiers » dans la barre latérale, à la différence qu’une même note peut être ainsi classée sous plusieurs mots-dièses. On clique sur un mot-dièse dans la barre latérale pour filtrer les notes. On peut aussi, classiquement, se placer dans un mot-dièse (sélectionné dans la barre latérale) avant de créer une nouvelle note ; ce tag lui sera automatiquement attribué, mais rien n’empêche alors de rattacher la note à d’autres tags. Si l’on utilise un grand nombre de mots-dièses, on peut les ranger dans des groupes, des « super-dossiers » ; la barre latérale n’en sera que plus lisible et votre second cerveau plus structuré, sans pour autant être « figé » comme c’est le cas des structures en dossiers traditionnelles. On retrouve cette approche dans l’excellente application UpNote. Strflow propose également d’un classique champ de recherche.
Pour revenir sur une note afin de l’éditer, on clique la minuscule icône en haut à gauche du bloc de la note. Pour revenir sur une note afin de l’éditer, on clique la minuscule icône en haut à gauche du bloc de la note. Cette icône est différente en fonction du type des données contenues dans la note. Je n’ai pas trouvé le moyen de condenser les blocs de notes, notamment des longues, contenant beaucoup de texte, plusieurs images ou des prévisualisations de sites web. Même si l’application n’affiche pas le déroulé complet d’une note (qu’on lira entièrement avec un ascenseur), elle ne sait pas non plus réduire les notes à leur seul titre ou aux deux ou trois premières lignes maximum. Cette fonctionnalité rendrait la navigation dans la frise temporelle beaucoup plus fluide et rapide. Maintenant, c’est vrai aussi que Strflow n’est pas conçu pour recueillir des notes de milliers de signes.
La prise en charge du menu Partager d’Apple offre les fonctions d’export classiques, plus une sortie en Markdown et de nombreuses autres options que l’on trouve dans ce menu, proposées tant par le système que les applications disponibles sur l’appareil. Il y a également un menu local pour récupérer le lien d’une note ; il suffit de le coller dans une autre note ou dans un document local autre (un clic dessus ouvrira alors Strflow sur la note liée).

Sur iPad, Shingo a conçu une interface native, spécialement désignée, pour fonctionner parfaitement seule, sans synchronisation avec les autres versions. La connexion d‘un clavier physique rapproche la version iPad de la version Mac. Les raccourcis clavier sont les mêmes. Mais Strflow exploite aussi le système multitâche d’iPadOS, prend en charge plusieurs fenêtres, en plus de Split View et Slide Over. On crée une nouvelle fenêtre en glissant-déposant une note hors de la fenêtre principale de Strflow. L’application propose l’aperçu d’image d’iPadOS : on touche une image pour l’annoter facilement avec l’Apple Pencil (ou un stylet compatible). Toutes les intégrations système disponibles déjà dans la version iPhone sont présentes : les widgets, Apple Shortcuts et la prise en charge de la feuille Partager pour enregistrer du contenu depuis d’autres apps.
La nouvelle version pour iPad apporte les mêmes fonctions que la version Mac, mais elle a été vraiment conçue pour l’environnement iPad OS 18 et 26.
Strflow utilise iCloud pour la synchronisation. C’est très rapide, pratique, chiffré de bout en bout. En quelques secondes, j’ai la même base à jour sur mes deux Mac, mon iPhone et mon iPad mini. Les images mises à jour, sur iPad, par exemple, sont synchronisées automatiquement sur tous les appareils. Cette fonctionnalité est la seule qui soit payante ; c’est la formule Strflow Plus. En effet, si l’on n’a pas besoin de synchroniser sur plusieurs appareils, Strflow peut être utilisé sans frais pour un nombre illimité de notes, de mots-dièses et de pièces jointes. Le plan Plus, intégrant l’usage des trois applications (macOS et mobiles) est un abonnement à 1,60 €/mois ou 16 €/an.
La « promesse » de l’abonnement est que le développeur assure un développement réel de nouvelles fonctionnalités. Depuis sa sortie sur Mac, Strflow a certes évolué, mais Shingo a surtout investi dans la réalisation des applications mobiles. Maintenant que la version iPad est disponible, peut-être verra-t-on plus souvent de nouvelles fonctionnalités ajoutées dans toutes ces versions.
Une page du site web évoque quelques pistes : des exports plus précis, d’autres formats de fichiers en pièces jointes, l’OCR (par exemple sur les images). À plus long terme, il liste des fonctions telles que l’enregistrement audio (stocké en tant que tel), une vue calendrier et un lien avec Calendrier d’Apple, un système de tags plus évolué, la possibilité d’épingler des notes pour accès rapide, ainsi que des options plus étendues de formatage du texte. J’espère aussi que toutes les versions seront localisées, traduites en français, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Strflow n’est disponible qu’en anglais – cependant, il est vrai que l’usage de l’application est très intuitif.
Comme vous pouvez utiliser Strflow gratuitement sur un Mac ou sur un mobile, commencez comme cela pour le découvrir au quotidien. Et si ça « clique » dans votre tête, envisagez la formule Plus. Ou bien abonnez-vous pour un mois, avant d’opter pour l’abonnement annuel ou de prendre la licence à vie qui va être proposée sous peu. Si vous ne prenez pas à proprement parler de notes, mais que l’idée de tenir un journal, de documenter votre vie « en temps réel» vous titille, Strflow est un choix intéressant aussi. ✿

Strflow 1.5
Interface en anglais
Gratuit, sans limites. La synchronisation entre Mac, iPhone et iPad implique de prendre le plan Strflow Plus à 2 €/mois ou 15 €/an (achat intégré effectué après le téléchargement depuis les magasins d’applications Apple). Un achat unique à vie va être proposé d’ici peu (entre 35 et 45 $).
macOS 14+, Intel et Apple Silicon • iOS et iPadOS 18+
Site officiel de Strflow
Page de Strflow sur le Mac App Store



Je vous ai dit des bêtises il y a quelques heures et je vous prie de bien vouloir m’en excuser. Bien sûr que j’utilise Rosetta depuis des années sans m’en apercevoir ! Et j’ai la déception de constater qu’Apple ne le permet plus. Je perdrais ainsi des logiciels pratiques et résistants depuis des dizaines d’années… C’est agaçant, pour ne pas dire plus !
Bonjour, je ne sais pas si c’est le bon endroit pour poser cette question, mais avec la nouvelle mouture MacOS 27, certaines applis Intel ne fonctionneront plus… et c’est bien dommage ! Peut-on espérer néanmoins une sorte de Rosetta pour elles, et comment ? Je n’ai jamais eu à employer Rosetta jusqu’à maintenant et je ne connais pas du tout son fonctionnement (honte à moi !). Mais j’ai deux ou trois applis géniales qui fonctionnent depuis des décennies sur tous mes Mac et j’aurais le plus grand mal à m’en séparer ! Or, comme vous le savez, on doit de temps à autre renouveler son matériel… pour du plus récent, évidemment !