(suite) FLASH! du samedi 14 mars 2026

DigiKam sort une version 9

Libre et gratuite, DigiKam est une application de gestion et d’édition des photos numériques. Il peut être utilisé par n’importe qui, mais il s’avère plutôt conçu pour les photographes professionnels et les personnes qui gèrent des milliers de clichés. Autant dire que je n’en suis pas l’utilisateur type !
Il est puissant, doté d’un vaste catalogue de fonctionnalités, mais aussi assez austère et difficile d’accès. Comme il est multiplateforme (macOS, Windows et Linux), il n’adopte les codes d’aucun de ces environnements, et c’est du macOS actuel et de ses effets de transparence qu’il est le plus éloigné. J’ai brièvement pratiqué DigiKam, il y a quelques années, pour écrire une prise en main détaillée de la version d’alors. À voir les captures sur le site actuel, ma foi, l’atmosphère n’a pas vraiment évolué.

Si l’on s’accroche, DigiKam est sans doute l’une des meilleures solutions open source et gratuites. Il reste cependant, à mon avis, surdimensionné pour gérer la collection des photos d’un particulier – à moins que ce ne soit une passion qui génère plusieurs dizaines de milliers de clichés.

Cette version 9.0, annoncée comme « majeure », comporte une longue liste d’améliorations dans tous les domaines. En coulisses, le code source principal a migré vers Qt 6.10.1 pour macOS, d’où des performances décrites comme meilleures, une sécurité renforcée et une compatibilité plus étroite avec la plateforme d’Apple et les autres. Si le communiqué de presse précise que l’interface utilisateur a été modernisée, il ne faut pas s’attendre à une métamorphose. On trouvera une page d’accueil repensée, la possibilité de définir des noms personnalisés pour les étiquettes de couleur et de personnaliser les formats de date. La vue des filtres est désormais organisée en trois onglets : Propriétés, Étiquettes et Personnes, pour une navigation qui se veut plus efficace. Des jokers d’expressions régulières peuvent être utilisés pour affiner les règles d’exclusion des répertoires.

Les états des colonnes et les options de renommage des fichiers gagnent en flexibilité. DigiKam 9 se dote d’un nouvel outil nommé Survey à l’aide duquel les photographes peuvent passer en revue leurs images de manière plus efficace, dans une fenêtre dédiée, sur un écran secondaire ou en plein écran. Le logiciel apporte également l’édition par lots de la géolocalisation et un support RAW étendu (le moteur Libraw a été mis à jour). Les fonctionnalités de prévisualisation des médias incluent un éditeur d’étiquettes dans la barre d’outils, des indicateurs d’exposition, des outils de gestion des couleurs, des menus contextuels pour le lecteur vidéo, la prise en charge des gestes sur pavé tactile et un nouvel outil de loupe. L’utilisation générale a été améliorée par des fonctionnalités de continuité du flux de travail, de nouvelles options de recherche et de tri, des améliorations de la stabilité et diverses corrections de bugs. ✿
Informations et téléchargement


macUSB 2 se refait une beauté et se dote
d’une nouvelle architecture

J’ai déjà écrit deux articles sur macUSB, mais j’aime bien suivre des produits comme celui-ci, unique en son genre, même si sa cible est de plus en plus petite au fil du temps. Pour rappel, macUSB automatise entièrement la création, sur Mac Apple Silicon, de supports d’installation amorçables (clés USB ou disques) à partir d’images .dmg contenant les installateurs officiels de macOS ou de Mac OS X (versions plus anciennes) pour Mac Intel.
Il détecte la version, le format du support et gère la copie des fichiers. Plus besoin de lignes de commande, de se préoccuper du formatage du support ni de corriger manuellement les erreurs de validation dans d’anciens fichiers d’installation.

macUSB est open source, gratuit, traduit en français (même si la capture ci-dessus ne l’indique pas). Il se télécharge depuis sa page web ou sa page GitHub. Il est notarisé et ne pose donc aucun problème à son premier lancement. macOS 14.6 est le minimum nécessaire, sur Intel ou Apple Silicon. Au moins 15 Go d’espace libre sont indispensables pour créer un installeur.

La version 2.0 propose une interface améliorée tirant parti des ressources Liquid Glass de macOS et collant donc mieux à l’esthétique moderne de macOS Tahoe. En coulisses, macUSB 2 adopte une nouvelle architecture, basée sur des services système natifs ; le nouvel assistant simplifie et améliore la fiabilité du processus de préparation du support d’installation (éliminant le besoin de sessions Terminal externes). L’application vérifie désormais les schémas de partition et les formats de disque, les convertissant au besoin en GPT et Mac OS étendu (journalisé). Un nouveau tableau de bord de progression interactif affiche l’état de toutes les étapes (en attente, en cours et terminées).

macUSB se dote d’un mécanisme d’identification de la norme USB avec des avertissements de faible bande passante pour les périphériques USB 2.0 ; un indicateur de vitesse d’écriture USB en temps réel est affiché pendant le processus de création.
À la fin du processus, on peut obtenir une notification (si l’autorisation système est accordée et que les notifications au niveau de l’application sont activées), et un signal sonore confirme la réussite de la création de l’installateur. Le système de journalisation a été développé pour inclure l’exportation des données. De nombreuses autres petites améliorations sont présentes.

Plus que jamais, si vous avez besoin de maintenir en fonctionnement des machines anciennes, macUSB est l’outil qu’il vous faut pour éviter d’être confronté aux échecs courants lors de la création d’installateurs ; il corrige automatiquement les erreurs de validation et de signature.
L’application dispose d’un site web permettant le téléchargement direct d’une image disque, propose quelques guides et donne accès à la page du dépôt GitHub. ✿
Page web de macUSB
Page GitHub du projet


Coup d’œil sur les torrents

Je le sais, les fichiers torrent sont un peu passés de mode, mais ils restent prisés par différentes catégories d’utilisateurs. Si vous en êtes, eh bien, voici un petit outil qui ne manquera pas de vous intéresser.
Torrent Preview est un module pour Quick Look (Coup d’œil) qui va vous permettre, une fois installé, d’avoir des informations rapides sur les fichiers torrent présents sur votre stockage. Parfois, ces fichiers ont des noms obscurs ou abscons, on ne sait pas pourquoi ils se trouvent dans le dossier de téléchargements (surtout si on ne le gère pas bien), on ne sait pas d’où ils viennent, quelle est leur version… Le développeur, Sveinbjörn Pálsson, avait déjà un plugin Quick Look, mais ancien. Celui-ci est plus moderne, entièrement en Swift. C’est une version 1.0 et il n’y aura a priori pas d’autre, mais il sera maintenu en état de fonctionnement selon les besoins ; les problèmes seront corrigés au fur et à mesure qu’ils apparaîtront. Il est gratuit.


Le développeur prévient que Torrent Preview a été lentement développé avec l’aide de Claude Code, le code est validé, testé assez largement sur plusieurs Mac. Il est open source (licence MIT) ; tout le code est consultable sur GitHub.
Il a une remarque intéressante : « Apple a modifié le système Quick Look il y a quelque temps, et les plugins qui ont cessé de fonctionner n’ont pas été remplacés. Il y avait probablement plus d’une centaine dans l’ancien système, dix fois moins maintenant. Ce type de travail, c’est ce pour quoi le vibe coding est fait : un petit projet assez complexe qu’aucun humain ne veut faire ».
Torrent Preview nécessite macOS 13, un Mac Intel ou Apple Silicon. Son utilisation est transparente : une fois récupéré et installé dans Applications, lancez-le une fois. C’est tout. Tant qu’il reste là où il est, la prévisualisation des fichiers torrent fonctionne.
Vous pouvez télécharger Torrent Preview compilé sur le dépôt GitHub ou bien choisir d’en récupérer le code pour le compiler vous-même avec Xcode. ✿
À télécharger sur la page GitHub > Releases


Extraire une image fixe d’un clip vidéo

J’ai régulièrement besoin, pour illustrer des articles de ce blog, de capturer une image, une photo ou un plan fixe d’un fichier vidéo posté sur Reddit, YouTube ou X. Je télécharge les clips presque toujours avec PullTube que je trouve vraiment meilleur, peu de choses lui résistent (quand PullTube coince, je sors Downie). Mais ce type d’utilisation est aussi très grand public : qui n’a jamais souhaité extraire d’une vidéo personnelle (ou pas) un plan qui deviendra une photo mémorable ?

Pour capturer une image d’un clip, j’utilisais depuis pas mal de temps une application dédiée que j’ai trouvée dans le cadre de mon abonnement Setapp : SnapMotion. Elle est très simple à utiliser et donne de très bons résultats, autant que la qualité de la vidéo originale le permet. Si l’image obtenue n’est pas, à mes yeux, suffisamment bonne, je la passe dans Upscayl, un excellent outil dont un usage reste gratuit si on n’utilsie que le suréchantillonage et pas la génération d’images IA. Je vous le recommande – nous l’avons déjà souvent évoqué dans VVMac par le passé ; mon choix n’a pas changé, même s’il est en partie désormais payant, et que d’autres propositions sont sur le marché.

Revenons-en à SnapMotion. Développée par l’éditeur NeededApps, cette application s’appuie sur les capacités natives de lecture de macOS ; elle prend donc en charge tout fichier compatible avec QuickTime Player (H.264, HEVC/H.265, Apple ProRes, Motion JPEG…) et supporte les flux vidéo allant jusqu’à la résolution 8K sans nécessiter de ressources matérielles importantes. Elle accède directement aux données brutes du flux vidéo, récupère des images à leur résolution native, notamment en 4K ou plus, offrant ainsi une correspondance excellente entre la source et l’image extraite. L’interface, évidente à manipuler, permet une navigation précise, image par image, pour sélectionner l’instant exact à isoler.

SnapMotion propose plusieurs formats d’exportation : le JPG pour un usage courant, le PNG pour la gestion de la transparence, ou le TIFF pour une conservation optimale des détails sans compression destructive. Les métadonnées d’origine de la vidéo sont généralement préservées lors de ce processus.
SnapMotion est aussi capable de gérer des traitements automatisés. On peut importer simultanément plusieurs vidéos et configurer des règles d’extraction systématiques. Par exemple, générer une image à intervalles réguliers sur toute la durée d’un clip. On trouve SnapMotion aussi bien sur le Mac App Store — en deux versions distinctes, Lite (4 €) et Unlimited (10 €) — que dans l’abonnement à la plateforme Setapp. Il faut disposer d’un Mac tournant sous au moins macOS 11 Big Sur, avec processeur Intel ou Apple Silicon.

Mais depuis quelques semaines, un concurrent est apparu en open source et gratuit, que j’ai installé et que j’utilise aussi aujourd’hui : FrameExporter. Lancée début 2024 par un développeur indépendant, cette application joue la simplicité ; le but immédiat est d’extraire une image le plus rapidement possible. Son interface est plus sommaire que celle de SnapMotion, assurant l’importation d’une vidéo, la navigation image par image et l’exportation d’un clic. FrameExporter ne propose pas de traitement par lot ; vous ne lui demanderez pas d’extraire des milliers d’images automatiquement d’un clip vidéo, et il n’a pas d’option de rotation ou de retournement sans réencodage.

FrameExporter se limite actuellement à l’extraction manuelle et simplifiée, alors que SnapMotion génère en sortie une large gamme de formats (JPG, PNG, HEIC, TIFF, GIF), FrameExporter se concentre initialement sur l’export JPEG pour privilégier la vitesse d’exécution, et le PNG, utile pour sa compression sans perte ou la conservation de la transparence. Je vois FrameExporter comme un outil que les utilisateurs a priori intéressés par SnapMotion Lite choisiront ; il intéressera aussi ceux qui, comme moi, se limitent presque toujours à l’extraction d’images isolées. À noter que l’on peut aussi bien télécharger depuis GitHub la version packagée de FrameExporter que le code source à compiler soi-même (Xcode).

Si vous ne voulez rien installer de spécial, parce que vous ne pratiquez l’extraction que de façon très ponctuelle, plutôt que de mettre un clip sur pause et de faire une banale copie d’écran, je vous suggère de faire appel à… QuickTime Player, fourni avec macOS (dossier Applications). Ouvrez le clip dans QuickTime, lisez la vidéo, positionnez-vous correctement, mettez la lecture en pause, jouez avec le curseur et, une fois le « spot » trouvé, appliquez la combinaison [cmd] [c] qui réalise la capture en pleine résolution, placée dans le presse-papiers. Vous en faites ensuite ce que vous voulez.

Reste toutefois un problème : aucune de ces trois solutions ne sait travailler sur un fichier .webm, un format de plus en plus courant sur les grandes plateformes. Dans ce cas, essayez de trouver une version alternative du fichier, ou ayez sous la main un utilitaire de conversion comme HandBrake (open source aussi, et gratuit) ; ça rallonge forcément un peu l’opération d’extraction des images. ✿
Le site de SnapMotion
La page GitHub de FrameExporter
Le site français de HandBrake
La page GitHub d’Upscayl

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Invité
Anne Bourdon
1 mois il y a

De bons conseils, très utiles. Merci.

Invité
Guiard F
1 mois il y a

Instructif ! Comme toutes les semaines. Mais quel travail Bernard, un grand merci 🙏